Quatre ans de prison pour un Torontois qui voulait joindre Daech en Syrie

TORONTO — Un Torontois qui avait tenté de rejoindre les militants de Daech en Syrie a été condamné jeudi à un peu plus de quatre ans de prison.

Pamir Hakimzadah, âgé de 29 ans, avait plaidé coupable, début février, au chef d’accusation d’avoir quitté le Canada pour participer à une activité terroriste. La Couronne avait demandé une peine de six ans de prison, tandis que la défense suggérait trois ans et sept mois.

Le juge John McMahon, de la Cour supérieure, a estimé que le plaidoyer de culpabilité de l’accusé, son âge, le fait qu’il ne se soit pas finalement enrôlé dans Daech (groupe armé État islamique) et son engagement à participer à un programme de déradicalisation avaient joué en faveur de Hakimzadah, et il a tranché pour une peine de quatre ans et un mois d’emprisonnement.

Si l’on tient compte du temps déjà purgé en détention préventive, Hakimzadah passera encore six mois derrière les barreaux.

En septembre 2014, Hakimzadah avait annoncé à sa famille qu’il souhaitait se rendre à Montréal pour passer du temps avec ses amis pendant quelques semaines, selon un exposé conjoint des faits. Or, il s’agissait d’une ruse: Hakimzadah affichait depuis quelque temps une vision de plus en plus radicale de l’islam, et le 23 octobre 2014, il est arrivé en Turquie, après une correspondance à Amsterdam.

Quatre jours plus tard, un chauffeur de taxi l’a soupçonné de vouloir rejoindre Daech et l’a remis à la police; Ankara l’a alors renvoyé au Canada à la mi-novembre. Mais Hakimzadah a par la suite admis à un membre de sa famille qu’il s’était rendu en Turquie dans le but de rejoindre le groupe terroriste et il a été dénoncé aux autorités canadiennes en 2016.

La défense a suggéré une peine plus clémente parce qu’Hakimzadah était engagé dans un programme de déradicalisation et dans des consultations psychiatriques. Mais le procureur de la Couronne avait des doutes sur le sérieux de cette démarche. «Sans savoir comment il avait été radicalisé, rien ne permet de penser qu’il peut être déradicalisé», a plaidé Christopher Walsh.

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