Quatre candidats se font la lutte pour diriger le Parti conservateur

OTTAWA — Dimanche, le Parti conservateur fédéral annoncera le nom de son nouveau chef.

Quatre candidats sont en lice pour diriger le parti, qui détient actuellement 121 sièges à la Chambre des communes.

Il y a des similitudes entre eux.

Tous ont promis d’abroger la taxe sur les émissions de carbone et deux lois fédérales concernant les ressources naturelles: l’une sur les examens environnementaux et l’autre interdisant la circulation des pétroliers le long de la côte nord de la Colombie-Britannique. Ils veulent également lever les restrictions sur les armes à feu récemment imposées par le gouvernement libéral et limiter davantage les investissements chinois au Canada.

Voici un aperçu de ce qui les distingue les uns des autres.

Leslyn Lewis

L’avocate de Toronto se présente sous le slogan «Courage. Compassion. Bon sens».

Elle était relativement une inconnue lorsqu’elle est entrée dans la course à la succession d’Andrew Scheer, mais elle a réussi à amasser les 300 000 $ pour les frais d’inscription et recueilli le nombre de signatures nécessaires grâce à des groupes sociaux conservateurs bien organisés.

Si plusieurs ont souligné la nature historique de sa campagne – Mme Lewis, qui a émigré de la Jamaïque, est la première femme noire à se présenter à la direction du parti -, elle-même n’en a pas fait un atout de campagne.

Elle a préféré mettre l’accent sur ses antécédents professionnels et universitaires, soulignant entre autres sa maîtrise en études environnementales, comme preuve qu’elle a les compétences pour diriger le parti et le pays.

Ses promesses comprennent quatre mesures visant à restreindre l’accès à l’avortement. Elle veut créer une réserve pétrolière stratégique. Elle a également présenté un plan en cinq points pour lutter contre la traite des êtres humains et arrêter l’élargissement des catégories de personnes admissibles à l’aide médicale à mourir.

Ses soutiens ont augmenté au cours de la campagne. Au premier trimestre de 2020, elle a récolté 448 000 $. Au second, elle a reçu 996 000 $.

Comme elle ne siège pas à la Chambre des communes, elle devra demander à un député de démissionner pour qu’elle puisse se présenter à une élection partielle.

Peter MacKay

Pour certains, M. MacKay n’a pas besoin de présentation. Après tout, il dirigeait le Parti progressiste-conservateur au moment de sa fusion avec l’Alliance canadienne en 2003. Il a joué un rôle de premier plan dans les divers gouvernements dirigés par Stephen Harper, ayant été ministre des Affaires étrangères, ministre de la Défense et ministre de la Justice, avant de se retirer en 2015.

Son slogan est «Unir. Bâtir. Diriger». Sa campagne a été marquée par des faux pas et des incertitudes liées à ses positions sur le vote libre des députés et le transfert de l’ambassade du Canada en Israël à Jérusalem.

Les conservateurs sociaux craignent qu’il cherche à marginaliser leurs voix au sein de la formation, une peur qu’il a lui-même provoquée quand, avant la campagne, il a comparé leurs idées à un boulet accroché à la cheville du parti.

Sa principale promesse est un «plan d’emplois pour le Canada» visant à rétablir l’économie du pays après la pandémie de COVID-19. Il s’engage notamment à réduire la TPS pour certains secteurs de l’économie, un examen complet du système fiscal et une augmentation des dépenses militaires à 2% du PIB.

Il a recueilli un peu plus de 3 millions $ pour sa campagne. M. MacKay a été le seul candidat à ne pas vouloir que la course soit retardée en raison de la COVID-19.

À l’instar de Mme Lewis, Peter MacKay n’est pas actuellement député. Il devra nommer un chef parlementaire à la Chambre des communes jusqu’à ce qu’il puisse gagner un siège.

Erin O’Toole

M. O’Toole est né à Montréal, mais a grandi en Ontario. Il est député de la circonscription de Durham, en Ontario, depuis 2012. Il a été ministre des Anciens combattants en 2015. Auparavant, il a été membre de l’Aviation royale canadienne avant de quitter l’armée pour étudier le droit et faire carrière sur Bay Street.

Il avait tenté sa chance lors de la course à la direction conservatrice en 2017, mais il avait dû se contenter de la troisième place. Trois ans plus tard, le revoici. Se présentant comme «un vrai bleu», il courtise les modérés et le centre-droit du parti.

Son ton énergique a attiré l’attention, car il avait auparavant la réputation d’être plus sobre. Il a déclaré être en colère contre la façon dont les libéraux dirigent le pays.

Son programme de 50 pages contient des engagements dans près de 20 domaines différents. Il veut notamment créer une commission royale sur la pandémie, criminaliser le blocage des chemins de fer ou des ports, donner plus d’autonomie au Québec sur certains dossiers et négocier un accord de libre-échange avec d’autres membres du Commonwealth.

Il a recueilli au moins 2,48 millions $.

Derek Sloan

M. Sloan est un avocat qui est entré en politique électorale, l’an dernier. Il est devenu député de la circonscription de Hastings-Lennox et Addington, dans l’est de l’Ontario. Son slogan de campagne est «Conservateur sans se dérober».

Il dispose lui aussi du soutien de groupes sociaux-conservateurs. Il compte un plan en 12 points contre l’avortement.

Il promet aussi d’augmenter l’âge minimum pour la consommation de marijuana à 25 ans, de réduire de moitié du nombre annuel d’immigrants accueillis par le Canada, de retirer le pays de l’Accord de Paris sur le climat et de plusieurs traités soutenus par l’ONU et de cesser de contribuer à l’Organisation mondiale de la santé.

M. Sloan a été fortement critiqué au sein même de son propre parti lorsqu’il a semblé remettre en question la loyauté de l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, qui est née à Hong Kong. Certains députés conservateurs étaient prêts à l’évincer du caucus, mais le député ontarien a pu y rester. Pour se défendre, il a affirmé n’avoir jamais fait mention du genre ou de l’origine ethnique de Mme Tam.

Il a amassé au moins 852 000 $.

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