Québec abaisse les seuils d’exposition à l’amiante pour les travailleurs

MONTRÉAL — Québec abaisse les niveaux admissibles de concentration d’amiante dans l’air pour les travailleurs.

Un projet de règlement à cet effet a été publié dans la Gazette officielle pour consultation jusqu’au 10 octobre.

Cela vise la concentration de l’amiante dans l’air, plus particulièrement au niveau de la zone respiratoire des travailleurs.

À l’heure actuelle, la «valeur d’exposition admissible» à l’amiante varie de 0,2 à 1 fibre par centimètre cube, selon le type d’amiante. Il en existe six types.

Le projet de règlement vise à faire passer cette «valeur d’exposition admissible» à 0,1 fibre par centimètre cube pour les six types d’amiante, a expliqué la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Cela «s’appliquera particulièrement dans les établissements, incluant ceux des futures industries de valorisation des résidus miniers contenant de l’amiante», a expliqué la CNESST.

De même, cela permettra une harmonisation entre les seuils appliqués au Québec et dans les autres juridictions en Amérique du Nord, incluant le Canada, a précisé la CNESST.

«Un pas dans la bonne direction»

La FTQ-Construction, qui représente la majorité des travailleurs de l’industrie, se réjouit de l’abaissement de ces seuils. Son directeur général, Éric Boisjoly, y voit «un pas dans la bonne direction» pour mieux protéger la santé des travailleurs.

«La modification de la norme était plus qu’urgente», a commenté M. Boisjoly. La FTQ-Construction «s’assurera que l’on ne s’arrête pas là». M. Boisjoly souhaite que davantage de gestes soient posés en matière de prévention et d’indemnisation, notamment.

Rapport du BAPE

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a publié ces derniers mois un rapport de 343 pages sur «l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés».

Il avait notamment conclu que «tout doit être mis en oeuvre pour éviter toute augmentation de l’exposition à l’amiante et du risque pour la santé tant des travailleurs que de la population». En ce sens, «une révision de l’encadrement et de la gestion de l’amiante doit être entreprise», avait aussi conclu le BAPE.

Après la période de consultation et en fonction des commentaires reçus, le texte final du projet de règlement sera déposé au conseil d’administration de la CNESST pour adoption. Puis il sera soumis au gouvernement pour approbation en vue de son entrée en vigueur.

Laisser un commentaire