Québec abolit l’organisme chargé d’évaluer les actions du ministre Barrette

QUÉBEC – Le chien de garde de la santé au Québec vient d’être bâillonné.

Le gouvernement Couillard a choisi d’éliminer, en catimini, dans son dernier budget, le poste de Commissaire à la santé et au bien-être.

Cet organisme, qui regroupait une douzaine de chercheurs, avait pour mandat d’évaluer, en toute indépendance, l’efficacité et la pertinence des politiques et programmes adoptés par le ministre de la Santé.

Il disparaît, après une décennie d’études et de rapports étoffés, souvent critiques, publiés annuellement sur la gestion du réseau de la santé.

Curieusement, c’est le premier ministre Philippe Couillard lui-même, alors ministre de la Santé, qui avait créé cette institution en 2006, à la suite d’un engagement électoral des libéraux de Jean Charest au scrutin de 2003.

Le ministre actuel, Gaétan Barrette, vient donc abolir aujourd’hui ce que M. Couillard décrivait comme un des piliers de sa réforme à venir, devant «jouer un rôle important» pour améliorer l’accès aux soins de santé et augmenter leur qualité.

En 2006, M. Couillard parlait de cette initiative comme d’un «développement majeur» pour assurer la qualité du réseau de la santé, d’autant plus qu’il s’agissait, dans son esprit, de créer un organisme impartial et totalement indépendant du gouvernement. Il vantait la formule choisie, gage «d’imputabilité et de transparence quant aux résultats».

Dix ans plus tard, le refrain est totalement différent. Le gouvernement Couillard ne juge plus nécessaire d’avoir un tel chien de garde, pour examiner, évaluer et critiquer ses performances en santé.

Le commissaire en poste depuis 2006, Robert Salois, est encore sous le choc. Il dit n’avoir rien vu venir. En entrevue téléphonique lundi, il a déploré la façon cavalière dont il a appris la nouvelle, sans explication ou justification, par un fonctionnaire, la veille de la présentation du budget jeudi dernier.

«C’est l’indépendance de notre institution qui lui donne sa pertinence et sa force», soutient M. Salois. «On a de la misère à comprendre ce qui nous arrive. On ne comprend pas la décision», dit le commissaire, qui se perd en conjectures.

«Est-ce qu’on est puni parce qu’on est trop bon? Est-ce qu’on est puni parce qu’on a abordé des sujets qui étaient trop « touchys »? Qui dérangeaient?», s’interroge M. Salois.

Le travail effectué par l’équipe du Commissaire sera rapatrié au ministère de la Santé et à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

La critique de l’opposition officielle en santé, Diane Lamarre, se dit inquiète devant ce tournant «dangereux».

«C’est la loi du silence» que veut imposer le ministre, a-t-elle déploré en point de presse.

Elle en conclut que le ministre Barrette cherche à «faire taire d’autres voix que les siennes», ne voulant pas reconnaître qu’il n’est «pas seul à avoir la vérité absolue».

On ne sait pas quel sort sera réservé aux études et rapports qui étaient en préparation. Parmi eux, notons les sujets suivants, tous d’actualité: la performance comparée des urgences d’hôpitaux, le régime des plaintes, la qualité de l’hébergement des personnes âgées, le panier de services et le mode de rémunération des médecins.

«On avait une table pleine» de sujets d’intérêt à explorer, d’une importance «cruciale» pour améliorer la performance du système, fait valoir M. Salois.

La décision n’est pas de nature financière puisque le gouvernement n’épargnera pas un sou en abolissant cet organisme, qui fonctionne avec un petit budget de 2,5 millions $. Le personnel fait partie de la fonction publique et M. Salois, âgé de 72 ans, qui était en fin de mandat, avait prévu prendre sa retraite incessamment.

Le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, s’est dit lui aussi «vivement inquiet» de la tendance du ministre Barrette à concentrer beaucoup de pouvoirs entre ses mains. La décision constitue selon lui «un recul désolant qui illustre bien à quel point les prétentions à la transparence du gouvernement sont vides de sens».

«La volonté du gouvernement libéral ne fait aucun doute: censurer une voix indépendante qui ne se gênait pas pour informer le public sur les lacunes du système de santé», conclut-il.

«Le ministre n’aime pas l’image que ça lui renvoie. Il fait ni une ni deux et casse le miroir», renchérit le porte-parole caquiste en santé, François Paradis. Il note que cette organisation avait prouvé son indépendance, son intégrité et son utilité pour fournir «un portrait réel et réaliste de notre réseau» de santé.

L’Association médicale du Québec, qui regroupe environ 10 000 médecins, a joint sa voix aux partis d’opposition pour dénoncer la décision gouvernementale.

Les commentaires sont fermés.

Il est très inquiétant de voir comment le gouvernement Couillard fait en sorte de museler tout organisme qui mettrait en doute ses méthodes .

Qu’est ce donc encore cette fantésie de Monsieur Couillard————-? Cher Monsieur Couillard, sachez que vous aviez toute ma confiance quand vous avez été promus comme notre premier ministre————-! Mais là aujourd’hui et ces semaines-ci je me demande si vous ne feriez pas mieux de passer un scanneur de votre cerveau————–! Et je suis très inquiette pour vous dire ces choses là————–! Soyez un peu plus responsable de votre santé————-! C’est votre devoir en tant qu’homme et premier ministre————–!Affectueusement MOI–!

C’est exactement ce que je me disais. On muselle tous ceux qui peuvent dire la vérité sur la gestion de ce gouvernement Couillard… qui protège les médecins et non les citoyens!!!

Que pouvons-nous faire de concret, pour dénoncer ou pour remettre cet organisme en place. Vraiment désolant.
Ça ne pouvait être que positif pour la population

Prosternez-vous devant votre nouveau souverain, Philippe 1er, roi des cons(tribuables)…

Ou sont les references ? Pourquoi aucun medias qui rafolle de ce genre de nouvelle en parle pas.

Je vous le dit, et je vous le prédit » Mr Couillard sera éjecter de la politique de la même façon que Mr.harper, bye,bye mon cowboy ».

Nous sommes gouverné par des docteurs. QUE VOULEZ-VOUS dirait Jean-Chrétien. Ils ont étudié pour être médecin..QUE VOULEZ-VOUS. Nous québécois les avons mis au pouvoir. Maintenant QUE VOULEZ-VOUS…

Encore une décision anti-démocratique afin de cacher, encore une fois, les magouilles du parti Libéral. C’est tout à fait honteux! Et, comme d’habitude, ils ne sont aucunement mal à l’aise de leurs décisions, dans la bonne tradition Libérale!

Si le ministre Barrette, avec la bonne complicité de notre médecin premier ministre, était certain qu’il faisait les bonnes choses pour le Québec, cela aurait été utile que le Commissaire le confirme, dans le cas contraire il vaut mieux faire disparaître les preuves…

Ça ressemble aux méthodes de Harper! Fermez votre gueule, c’est moi qui ai le pouvoir!!!

pour ca q il doit avoir des référendum pour que touts soit au publique avant descisions

Tout vos commentaires et opinion et questionnement que je lis en français partout sur les tribunes, j’espère qu’on en retrouve ces mêmes choses sur les réseaux anglophones sinon on perd notre temps….

Mais pourquoi on les laisse faire, …,( une pétition montrant l’inquiétude , la perte totale de confiance, la corruption qu’ils veulent cacher et qui nous donne la nausée à l’année)…… devrait être une obligation à signer maintenant pour tout le monde de 18 ans et plus !! Arrêtons de nous faire exploiter et duper, agissons maintenant …et ceux qui ont voté pour ce gouvernement…et bien ceux-là, réveillez-vous….commencez-vous à comprendre là tout ce qui se complotait et se dessinait à l’horizon pour nous ? Non mais là…. il est plus que temps de se tenir, se regouper et s’affirmer !!!!

Tranquillement Monsieur Couillon (Oups…Couillard; Ils sont plusieurs) Donc ces Couillards ont tendance à suivre leur chef qui il me semble était très heureux au privé, dans certains pays arabe …… Peut-être veulent-ils secrètement nous intégré au kalifa si cher à ses anciens patrons?
À quand la lapidation, la décapitation pour les impies du dogme libéral?

C’est ce qu’on appelle surveiller ses arrières et le ministre Barrette l’a bien compris.