Pandémie: retour en arrière pour les zones rouges, dont le Grand Montréal

MONTRÉAL — Les variants du virus qui se multiplient ont mené le gouvernement de François Legault à resserrer les mesures sanitaires en zones rouges et orange «de façon préventive», dit-il.

Car «avril va être le mois de tous les dangers», a déclaré le premier ministre, en conférence de presse mardi.

Il y a un risque plus important cette semaine que la semaine passée de voir une forte augmentation des cas d’infection, entre autres à Montréal, a souligné M. Legault.

Avec les mesures annoncées ce mardi, les résidants des zones rouges risquent d’avoir une impression de déjà vu.

À partir de lundi prochain, l’alternance une journée sur deux en présence physique à l’école reprendra pour les élèves de 3e, 4e et 5e secondaires. Ce sera aussi la fin des activités parascolaires en personne. 

Dès jeudi, les centres de conditionnement physique devront fermer, et les lieux de culte seront limités à une capacité de 25 fidèles.

Ces nouvelles mesures touchent Montréal, Laval, les Laurentides, Lanaudière, la Montérégie, la Capitale-Nationale, l’Outaouais, Chaudière-Appalaches et le Bas-Saint-Laurent.

En zone orange, certains changements, plus modestes, sont aussi apportés.

Dès lundi, il y aura le masque obligatoire en classe dès les premières années du primaire, et le nombre maximal de fidèles dans les lieux de culte passera de 250 à 100.

Prévoyant une certaine opposition au port du couvre-visage pour les tout-petits, M. Legault a déclaré d’emblée que cette mesure est déjà en vigueur dans les zones rouges et que «ça se passe bien».

Il sera aussi interdit dès jeudi aux habitants des zones en palier d’alerte orange et rouge de se rendre dans les régions jaunes (Gaspésie−Îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord et Nord-du-Québec), qui se retrouveront alors dans une sorte de zone protégée.

En compagnie du ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, M. Legault a affirmé mardi que les autorités surveillaient la situation «d’heure en heure» et que son gouvernement n’hésiterait pas à agir rapidement.

Il a confié avoir jonglé avec l’idée de rétablir le couvre-feu à 20h dans les zones rouges, soulignant qu’il y avait eu une augmentation importante des rassemblements dans les maisons. Il a décidé de ne pas suivre cette voie, mais avertit d’ores et déjà que si les cas augmentent trop dans les prochains jours dans la région de Montréal, il n’hésitera pas à le faire.

À ceux qui critiquent les changements répétés des mesures sanitaires, M. Legault rétorque qu’il aime mieux s’ajuster avec la progression de la situation que d’être entêté et «de tenir mordicus à une position».

Et la situation change et évolue continuellement, a-t-il martelé: «c’est imprévisible».

Il rappelle que des changements répétés aux mesures sanitaires sont imposés un peu partout dans le monde et que le Québec ne fait donc pas exception. 

«Le mieux est l’ennemi du bien», a ajouté le premier ministre, soulignant que si le gouvernement avait voulu ne prendre «aucun risque», il aurait tout fermé de janvier à mars.

Quant aux écoles, M. Legault explique que la Santé publique avait dit la semaine dernière qu’il était possible d’accueillir sécuritairement tous les élèves du secondaire en zone rouge à temps plein en salles de classe,  mais que ce n’est plus le cas cette semaine.

«C’est vrai que c’est un effet yo-yo à cause du variant, etc.», a dit Dr Arruda, mais «je pense que c’est convenu avec (le milieu) de l’éducation». Les décisions sont prises en fonction du bien-être des jeunes, a-t-il expliqué.

En marge de ces mesures supplémentaires, la consigne a été donnée aux directeurs de santé publique de chaque région de fermer immédiatement, pour une durée minimale de sept jours, les endroits (commerces et entreprises) où les règles sanitaires ne sont pas respectées. En cas de transmission, le milieu n’ayant pas respecté les consignes sera fermé pour une période de 21 jours.

Vaccination

Le premier ministre s’est dit très fier de la vaccination, présentant la province comme celle ayant «le plus vacciné» au pays après la Saskatchewan. 

Il a indiqué que 18,5 % des Québécois avaient obtenu une première dose, comparativement à une moyenne de 17,6 % dans l’ensemble du Canada.

Le ministre Christian Dubé a trouvé «difficile», comme la population, de voir le nombre élevé de plages horaires au cours de la fin de semaine qui ne trouvaient pas preneur à Montréal. Il assure qu’aucune dose n’a été jetée et que la décision a été rapidement prise de transférer des caisses de vaccin vers d’autres régions.

Jeudi, M. Dubé tiendra un point de presse pour expliquer les prochaines phases de la vaccination, soit celles des Québécois atteints de certaines maladies chroniques et les travailleurs essentiels, dont les enseignants et les éducatrices en garderie.

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