Québec annonce le retour progressif dans les bureaux à compter du 7 septembre

Le télétravail systématique tire à sa fin.

Le gouvernement Legault a annoncé, mercredi, que le retour au travail dans les bureaux se fera de façon progressive et graduelle à compter du 7 septembre prochain.

Avec le passage de l’ensemble des régions du Québec en zone verte, le ministre du Travail, Jean Boulet, a noté que le télétravail n’est plus obligatoire. Cependant, il a rappelé aux employeurs du secteur privé que ce n’est pas le gouvernement qui va assumer la mise en place du retour progressif en mode hybride ou non.

«La présence en partie et le télétravail en partie va découler de l’exercice d’un droit de gestion de l’employeur. C’est une décision qui va ultimement revenir à l’employeur, mais il faut que ce soit fait de manière collaborative», a-t-il précisé. 

Et malgré l’existence de ce droit de gérance, le ministre a averti qu’un protocole de retour au travail devra être élaboré et que cinq conditions devront être respectées. Ainsi, il sera requis d’exclure des lieux de travail toute personne présentant des symptômes, d’aménager les lieux pour respecter la distanciation de deux mètres, d’assurer l’hygiène des mains, de respecter l’étiquette respiratoire et d’assurer la salubrité des lieux.

Défis et lois du travail

Jean Boulet a reconnu que la question de la distanciation physique risque de poser un défi important aux employeurs.

«À défaut de respecter le deux mètres, il faut s’assurer qu’il y ait des barrières physiques ou que les personnes portent le masque de protection.»

Le ministre a par ailleurs rappelé à tout le monde que le télétravail n’est pas un chèque en blanc pour modifier les conditions de travail.

«Les lois du travail s’appliquent au télétravailleur et à son employeur. Les lois du travail protègent. Les droits et obligations qui y sont prévus protègent de la même façon les télétravailleuses et les employeurs. Donc, c’est super important d’avoir une politique qui est claire et qui s’applique de façon équitable à tout le monde.»

En contrepartie, Jean Boulet s’est réjoui des progrès faits en matière de travail à distance.

«Pour la conciliation famille-travail, c’est un atout. Pour l’environnement, c’est aussi un avantage indéniable», a-t-il dit.

Plan de retour pour la fonction publique

Sa collègue Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor et responsable de la fonction publique, a pour sa part annoncé que le retour au travail des 60 000 employés de l’État sera graduel et progressif à compter du 7 septembre également.

Le plan de l’administration publique prévoit le retour en milieu de travail de la moitié des fonctionnaires d’ici le 17 octobre et la totalité d’entre eux à la mi-novembre.

Toutefois, Québec est à mettre en place un protocole pour un retour au travail hybride, avec un maximum de trois jours par semaine en télétravail et un minimum de présence sur les lieux de travail de deux jours par semaine.

«J’ai pleinement confiance qu’il s’agit d’une nouvelle ère, une première dans notre façon d’organiser le travail pour la fonction publique», a affirmé Mme LeBel.

«Pour nous, le télétravail est là pour rester. La dernière année nous a démontré par ailleurs — ce fut un méga-laboratoire forcé — que ça fonctionne très bien, qu’il y a des avantages et pour la fonction publique et pour le personnel», a-t-elle expliqué.

Mme LeBel a aussi reconnu que la pandémie a permis de constater les avantages du télétravail en matière de conciliation travail-famille, mais aussi, pour l’employeur, un usage plus rationnel et, donc, plus économique, de l’espace à bureau.

Cependant, tout comme le ministre Boulet, Mme LeBel a averti que ce passage à une nouvelle normalité est conditionnel.

«Tout ça va dépendre de la situation sanitaire, de la santé publique, qu’on vivra à ce moment-là, mais compte tenu de la situation d’aujourd’hui et si ce qu’on vit présentement et ce qu’on anticipe continue de bien aller, ce sera le plan de match pour la fonction publique», a-t-elle dit.