Québec aurait dû s’occuper de la ventilation dans les écoles durant l’été, admet Dubé

QUÉBEC — Christian Dubé a admis mercredi que le gouvernement aurait dû s’occuper de la ventilation dans les écoles durant l’été.

Le ministre de la Santé a tenu ces propos en entrevue au 98,5 FM. 

Il a donné raison à l’animateur Paul Arcand lorsque celui-ci a suggéré qu’on aurait dû se pencher sur la question de la qualité de l’air dans les écoles bien avant le début de la deuxième vague de la COVID-19. 

«Dans les priorités qu’on avait fixées par la santé publique, celle-là n’était pas là pendant l’été. Est-ce qu’elle aurait dû l’être? Avec du recul, vous avez sûrement raison», a-t-il admis. 

Le ministre Dubé s’était d’abord défendu lors de cette entrevue en affirmant que son gouvernement avait hérité d’un réseau de l’éducation sous-financé.

Il a également signalé que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’avait que tout récemment alerté les leaders mondiaux des risques de la transmission de la COVID-19 par aérosol.

«On ne pensait pas que c’était si urgent, a déclaré M. Dubé. J’ai demandé à la santé publique de reviser son opinion, parce que jusqu’à maintenant (elle) ne nous avait pas demandé d’avoir des mesures spécifiques pour la ventilation.» 

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale dénoncent l’inaction du gouvernement Legault dans ce dossier. Ils rappellent que plus d’une éclosion de COVID-19 sur quatre au Québec se retrouve dans les écoles.

En point de presse mercredi, la porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d’éducation, Véronique Hivon, a exhorté le gouvernement d’adopter un «plan clair pour la ventilation, de toute urgence, évidemment», qui comprend l’achat de purificateurs d’air portables.

«Hier, à notre plus grande consternation (…) on a entendu M. Dubé affirmer qu’il était en train de mettre sur pied un comité qui allait lui faire des recommandations d’ici quelques semaines pour la question de la ventilation, comme si on ne savait pas depuis des mois que c’était un problème au Québec, comme si on ne savait pas depuis des mois que l’hiver allait arriver au Québec et que la solution d’ouvrir les fenêtres n’allait pas tenir la route», a déclaré Mme Hivon.

Pour sa part, Québec solidaire (QS) a déposé une motion à l’Assemblée nationale demandant l’installation de détecteurs de CO2 dans toutes les classes de la province pour mesurer la qualité de l’air des locaux et l’installation de purificateurs d’air partout où cela sera jugé nécessaire.

«Les écoles au Québec sont vieilles, très vieilles, et elles ont souvent de mauvais systèmes de ventilation. (…) Dire aux profs d’ouvrir les fenêtres, ce n’est pas une solution. (…) Ouvrir les fenêtres à -20, ce ne sera pas suffisant», a affirmé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Le gouvernement va-t-il «oui ou non» commander des filtreurs d’air portables? a demandé la députée libérale Marwah Rizqy de son siège au Salon bleu.

«On va attendre les recommandations de la santé publique pour mettre en place les moyens qui sont nécessaires pour faire en sorte d’assurer la santé et la sécurité de nos élèves», s’est contentée de répondre la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest.

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