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Les séquelles de l’intimidation sont encore présentes, 40 ans plus tard

MONTRÉAL – L’impact social, physique et mental négatif de l’intimidation subie pendant l’enfance est toujours présent 40 ans plus tard, affirment des chercheurs du King’s College de Londres dans les pages du American Journal of Psychiatry.

Cette étude serait la première à étudier l’impact de l’intimidation au-delà des premières années de l’âge adulte.

Les scientifiques tirent leurs conclusions de l’étude de 7771 enfants dont les parents ont fourni de l’information concernant leur exposition à l’intimidation entre les âges de 7 et 11 ans. Ces enfants ont ensuite fait l’objet d’un suivi jusqu’à l’âge de 50 ans.

L’auteur principal de l’étude, le docteur Ryu Takizawa, a indiqué par voie de communiqué que les séquelles sociales, économiques et sur la santé de l’intimidation perdurent longtemps une fois l’âge adulte atteint.

Un peu plus du quart (28 pour cent) des enfants avaient été victimes d’intimidation à l’occasion, contre 15 pour cent qui avaient été intimidés fréquemment.

Les victimes d’intimidation à l’enfance étaient plus susceptibles, à l’âge de 50 ans, d’avoir une mauvaise santé physique et psychologique, et de présenter une moins bonne fonction cognitive. Ceux qui avaient été fréquemment intimidés étaient aussi plus à risque de souffrir de dépression ou d’anxiété et d’avoir des pensées suicidaires.

Ces individus étaient aussi plus susceptibles d’être moins éduqués, d’être au chômage et d’être moins bien rémunérés. Leurs relations sociales et leur bien-être étaient aussi touchés. Ils étaient moins susceptibles d’être impliqués dans une relation et d’avoir un bon réseau social, mais plus susceptibles d’être insatisfaits de leur vie.

Une autre auteure de l’étude, la professeure Louise Arseneault, a prévenu que l’intimidation peut avoir des séquelles à très long terme, et qu’il faut donc cesser de croire qu’il s’agit simplement d’un rite de passage obligé à l’enfance.