L’Ontario et le Québec s’entendent sur un échange d’électricité

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard s’attend à des revenus importants pour le Québec grâce à une entente d’échange d’électricité avec l’Ontario.

En concluant un conseil des ministres conjoint avec son homologue Kathleen Wynne, vendredi, M. Couillard n’a cependant pas été en mesure de donner un chiffre précis.

Le protocole d’entente annoncé à Québec a pour objectif de développer le commerce d’électricité entre les deux provinces.

Cette entente doit leur permettre d’échanger des blocs d’électricité.

M. Couillard a affirmé que l’exportation vers l’Ontario permettrait d’utiliser les surplus de production accumulés actuellement par Hydro-Québec.

Dans une conférence de presse conjointe, M. Couillard a assuré des retombées pour le Québec.

«On connaît les quantités, c’est des quantités très, très importantes qui vont apporter des revenus importants au Québec», a-t-il dit.

Ces nouveaux échanges s’ajouteraient à une entente d’approvisionnement qui se limite actuellement aux périodes de pointe.

L’échéancier sera déterminé par la mise en place du marché du carbone, qui donnera à l’Ontario la possibilité d’évaluer ses besoins.

«Je comprends très bien que pour le gouvernement de l’Ontario, il est important de bien connaître les règles d’application du marché du carbone avant de décider quel impact aura l’importation d’énergie verte sur ses crédits de carbone», a-t-il dit.

Mme Wynne a affirmé qu’une fois les règles du marché du carbone connues, quelques mois suffiront pour préciser davantage l’ampleur des échanges avec le Québec.

Par ailleurs, les deux premiers ministres ont estimé qu’il est possible d’accélérer l’accueil de réfugiés syriens tout en garantissant la sécurité nationale.

Kathleen Wynne a affirmé que ces deux considérations ne sont pas contradictoires, malgré les préoccupations à ce sujet exprimées par le chef conservateur Stephen Harper.

«Exercer un contrôle sécuritaire adéquat, exiger les bons papiers d’identité, tout cela est absolument nécessaire mais en même temps, nous pouvons faire plus, comme nation, pour accélérer les procédures administratives», a-t-elle dit.

Philippe Couillard a insisté sur l’importance de garder «les bras ouverts» en assurant les contrôles de sécurité.

«La question de la sécurité on y croit, elle est importante pour nos citoyens, a-t-il dit. Là-dedans il n’est pas question de faire de compromis sur les évaluations de sécurité des personnes qui vont arriver sur nos rives, c’est clair.»

Les conseils des ministres québécois et ontarien étaient réunis à Québec, vendredi, dans le cadre d’une nouvelle série de rencontres conjointes.

Avant le début de la rencontre, lors d’un bref point de presse, les deux premiers ministres ont noté que le Québec, contrairement à l’Ontario, dispose de pouvoirs supplémentaires en immigration.

«S’il y a moyen de collaborer sur cette question humanitaire de la plus grande importance, bien sûr, on le fera», a dit M. Couillard.

Ottawa conserve toutefois la responsabilité d’accepter ou non les demandes de statut de réfugiés.

En début de semaine, le gouvernement québécois a annoncé son intention d’accueillir au total 3650 réfugiés d’ici la fin de l’année, soit 2450 de plus que son objectif initial, ce qui nécessite une entente avec Ottawa.