Ado tué par la police à Toronto: sa mort aurait pu être évitée, dit la Couronne

TORONTO – L’intervention fatale d’un policier de Toronto sur un adolescent à bord d’un tramway vide il y a deux ans n’était ni nécessaire ni raisonnable, a affirmé au jury, mardi, le procureur de la Couronne, alors qu’il a relaté les détails explicites de la mort de Sammy Yatim.

L’agent James Forcillo a plaidé non coupable à des accusations de meurtre non prémédité et de tentative de meurtre relativement à la mort par balles du jeune de 18 ans, captée sur des vidéos de surveillance et de téléphones cellulaires et ayant suscité un tollé dans la population.

Dans des déclarations d’ouverture au jury qui décidera du sort de James Forcillo, le procureur de la Couronne Milan Rupic a présenté une feuille de route de la preuve qu’il compte faire valoir.

M. Rupic a affirmé que l’une des questions fondamentales à laquelle devra répondre le jury est de savoir s’il était nécessaire ou raisonnable pour James Forcillo de tirer neuf balles en direction de Sammy Yatim alors qu’il se trouvait dans un tramway vide entouré par des policiers armés. Il a dit que la Couronne comptait prouver hors de tout doute raisonnable que tel n’était pas le cas.

Dans un récit détaillé, M. Rupic a ramené le jury au 27 juillet 2013, le jour fatidique. Il a fait état de «niveaux modérés à modérément élevés» d’ecstasy dans le sang de l’accusé, et d’un «comportement étrange et dérangeant» à l’égard de passagères avant que le tramway se vide. Le procureur de la Couronne a toutefois souligné que James Forcillo avait été le seul des cinq policiers dans les «environs immédiats» du tramway à ouvrir le feu, et que les agents étaient conscients que personne n’avait été blessé.

L’avocat de James Forcillo, Peter Brauti, a indiqué pour sa part que l’accusé avait appris dans sa formation que la manière «la plus courante et la plus appropriée» de faire face à quelqu’un avec un couteau était de brandir son arme à feu. Il a ajouté que la réaction du jeune de 18 ans aux ordres de l’agent était «troublante», et qu’elle lui faisait conclure qu’il était «tout à fait sans peur».

«La défense qui vous sera présentée touchera la légitime défense et la justification (des gestes)», a dit M. Brauti, qui a indiqué au jury que James Forcillo témoignerait au procès.

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