Aide à mourir: Justin Trudeau demande aux parlementaires d’agir

OTTAWA – La Chambre des communes doit se saisir du dossier de l’aide médicale à mourir dans la foulée de la décision historique de la Cour suprême du Canada, plaide le chef du Parti libéral.

Justin Trudeau estime que le plus haut tribunal au pays a essentiellement demandé aux parlementaires de «faire leur travail» et de légiférer lorsqu’il a invalidé les articles du Code criminel interdisant aux médecins d’aider des patients gravement malades à mourir.

«Nous demandons au gouvernement d’entamer un débat et des consultations avec des experts, avec la population pour que le Canada se dote d’un cadre législatif», a-t-il affirmé en point de presse.

Le gouvernement fédéral dispose d’un délai d’un an, à partir de la date du jugement, pour agir. Il pourrait modifier le Code criminel, mais aussi ne rien faire, ce qui rendrait légale l’aide à mourir fournie par un médecin dans les limites des paramètres établis par la Cour.

Interpellé en chambre par le chef libéral, le premier ministre Stephen Harper s’est montré on ne peut plus évasif sur les intentions de son gouvernement.

«Nous étudierons cette décision et tiendrons des vastes consultations relativement à tous les points de vue liés à cette question difficile», a-t-il indiqué.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, est d’avis que les conservateurs se tiendront loin du dossier avec les élections générales qui se profilent à l’horizon.

Il s’est clairement rangé derrière la décision sur l’aide médicale à mourir, disant qu’il avait «toujours été du même avis» et affirmant n’avoir «jamais» entendu «qui que ce soit» dans son caucus dire «quoi que ce soit qui s’opposait à ce qu’on a entendu à la Cour suprême».

Le Bloc québécois juge pour sa part que le fédéral devrait rester en dehors de ce dossier et laisser aux provinces et territoires le soin de légiférer.

Le directeur des communications de la formation souverainiste, Simon Charbonneau, déplore qu’«encore une fois, nous avons dû attendre que la Cour suprême se prononce pour faire reconnaître le champ de compétence du Québec (en matière de santé)».

L’ancien bloquiste Jean-François Fortin, qui a fondé le parti Forces et démocratie après avoir claqué la porte du Bloc, partage le même avis.

«Le fédéral n’a pas à défaire ce qui a été fait au Québec. Il n’a pas à s’ingérer dans les pratiques médicales qui relèvent de la compétence exclusive des provinces par un encadrement supplémentaire», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le gouvernement aurait pu avoir recours à la clause dérogatoire pour se soustraire au jugement pendant une période maximale de cinq ans, mais le ministre de la Justice, Peter MacKay, a écarté cette option.

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