Aucun object suspect n’a été découvert dans les écoles visées par des menaces

QUÉBEC – Les inspections sont désormais terminées dans les nombreux établissements scolaires québécois qui ont fait l’objet de menaces d’attentat à la bombe.

La Sûreté du Québec (SQ) a mené des fouilles dans 61 institutions alors que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en a fait autant à sept autres endroits.

Ces opérations n’ont pas mené à la découverte d’objets suspects. De plus, aucune arrestation n’avait été effectué mardi vers 22h relativement à ces menaces ayant visé des écoles primaires, secondaires et des cégeps.

Selon la sergente Audrey-Anne Bilodeau, qui est porte-parole pour la Sûreté du Québec, de prime abord, «la priorité était vraiment d’intervenir sur le terrain pour s’assurer de la sécurité des élèves et du personnel enseignant».

Elle a ensuite ajouté que l’objectif des forces de l’ordre avait désormais changé, disant que «maintenant, (la police) tentait de découvrir la provenance des menaces».

Les parents ou étudiants qui désirent plus d’informations relativement à leurs établissements scolaires sont invités à contacter directement leur commission scolaire ou leur institution, a indiqué la SQ.

«Nonobstant le fait que ces alertes semblent s’avérer non fondées, elles sont prises au sérieux par les policiers et elles font l’objet d’enquêtes qui sont sous la coordination de la Sûreté du Québec», a indiqué le corps policier.

Dans un point de presse à l’Assemblée nationale, mardi après-midi, le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, a assimilé les menaces formulées à un acte terroriste.

«Le fait d’émettre ce type de communiqué et d’alerter la population, sur une échelle aussi large, pourrait certainement constituer en preuve un acte terroriste», a-t-il dit.

Des perturbations ont été rapportées dans des établissements en Outaouais, sur la Côte-Nord, en Estrie, en Mauricie, dans le Centre du Québec, le Bas-du-Fleuve ainsi que dans les régions de Montréal et Québec.

M. Moreau a répété qu’il ne fait aucun lien avec les négociations dans le secteur public, bien que le message du groupe, Sceptre rouge, fasse référence aux moyens de pression des enseignants.

«C’est plus large que ça, ça me semble un message qui est plus diffus, a-t-il dit. Je ne suis pas un expert en analyse de texte, il y a des gens qui s’en chargent pour nous. Ça va faire partie de l’enquête, mais essentiellement, la trame du communiqué, c’est un groupe qui s’appelle le Sceptre rouge, et qui semble être totalement opposé aux méthodes utilisées par les enseignants pour diffuser leur enseignement aux enfants.»

M. Moreau a affirmé que la menace formulée par le groupe s’étale jusqu’à vendredi, ce qui pourrait nécessiter une veille policière.

«On prend cette situation au sérieux, on veut rassurer la population, on veut dire à la population que nous allons tout mettre en oeuvre, et aussi longtemps que nous estimerons qu’il y a une menace pour la sécurité, qu’elle soit appréhendée ou réelle», a-t-il dit.

Le premier ministre Philippe Couillard a déploré la situation qui provoque l’inquiétude des parents dont les enfants ont été évacués mardi matin.

M. Couillard a affirmé que la justice suivra son cours afin que les coupables soient sanctionnés pour ce geste «criminel».

«Malheureusement il y a également la possibilité que ce ne soit qu’un canular, ce qui serait aussi grave, a-t-il dit. Si on fait des menaces comme ça, même si elles ne sont pas véridiques, c’est aussi grave pour la société.»

La SQ, qui a obtenu le courriel de menaces vers 1h10 dans la nuit de lundi à mardi par ses services d’enquête, a mis en place un poste de commandement, aussitôt après avoir été informée que des écoles l’avaient reçu plus tard dans la nuit ou mardi matin, a indiqué le ministre.

Des écoles en Ontario ont reçu le même message, a affirmé M. Moreau, qui est en contact avec les autorités ontariennes.

«Le contenu indique que des bombes seraient posées entre telle heure et telle heure, effectivement, semble-t-il, on revendique la complicité des gens à l’intérieur du système, a-t-il dit. Alors tout ça évidemment fait l’objet d’enquête par la police.»

En Ontario, la police de North Bay a confirmé que le collège Canadore avait été visé par une menace, mardi matin. Le sergent Jim Kilroy a indiqué que les agents avaient fouillé le campus, sans déceler rien d’anormal.

Le ministère de l’Éducation de la province a ajouté que le Conseil scolaire du district de Toronto avait également été touché par une alerte à la bombe, mais la menace n’a pas été dirigée vers une école en particulier. Aucune école de la région n’a été évacuée ou bouclée.

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