Alex Labbé écope deux ans de prison pour un épisode de «couch surfing» mortel

Un homme de 25 ans de Saint-Georges, en Beauce, devra passer les deux prochaines années derrière les barreaux à la suite d’un geste d’insouciance qui a coûté la vie à un de ses amis.

Alex Labbé avait été reconnu coupable en juin dernier de négligence criminelle causant la mort, de conduite dangereuse ayant causé la mort et de délit de fuite mortel à la suite d’un triste accident survenu le 18 février 2012, alors qu’il avait 21 ans.

Le jeune homme était au volant d’une camionnette sur une route de campagne à Saint-Benjamin, en Beauce, et tirait un traîneau et un fauteuil rembourré sur lequel était assis un autre homme — une pratique surnommée «couch surfing» — vers 21 heures alors que la nuit était tombée.

Bien qu’il roulait en ligne droite, le traîneau et le fauteuil zigzaguaient sur la route et le fauteuil avait été percuté par une voiture venant en sens inverse, tuant François Hallé, 22 ans, également de Saint-Georges. Alex Labbé, en état de panique, avait fui les lieux du drame pour être appréhendé plus tard chez lui.

Le juge Benoit Moulin a imposé une peine de deux ans de prison, se rendant à la demande de la Couronne qui réclamait entre deux et trois ans de pénitencier, mais il semble bien qu’il s’agisse d’une première en matière de «couch surfing».

Dans une décision étoffée de 22 pages, le juge Moulin note en effet que «les recherches n’ont pas permis de retrouver en jurisprudence des décisions sur la peine pour des crimes survenus dans des circonstances similaires». Il note toutefois qu’il en existe plusieurs en matière de conduite dangereuse causant la mort, de délit de fuite et de «car surfing», une autre pratique extrêmement dangereuse qui consiste à se trouver debout sur une voiture en marche.

Le magistrat a écarté la suggestion de la défense, qui réclamait une peine de six mois, mais est allé au minimum de la suggestion de la Couronne en invoquant certains facteurs atténuants, notamment l’absence d’antécédents, «la conscientisation et les remords de l’accusé» ainsi que le faible risque de récidive.

Le juge Moulin dit ne pas voir la nécessité d’imposer une peine exemplaire dans ce cas-ci, notant d’une part que la médiatisation de l’affaire «a eu un effet stigmatisant sur l’accusé», et qu’il est «certain que l’accusé n’acceptera plus de participer à pareilles activités».

Il impose donc une peine de 18 mois pour le chef de négligence criminelle causant la mort et une peine consécutive de six mois pour le chef de délit de fuite mortel, soit un total de 24 mois. Par ailleurs, il ordonne un arrêt des procédures quant à l’accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort, celle-ci étant redondante avec le premier crime.

Puisqu’il a purgé deux journées de détention préventive, Alex Labbé se retrouvera plutôt dans une prison provinciale puisque la peine devient de ce fait une peine de deux ans moins deux jours, alors qu’une peine de pénitencier implique une sentence de deux ans ou plus.

Le juge Moulin a également émis une ordonnance interdisant à Alex Labbé de conduire un véhicule durant un an après sa remise en liberté.

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