Anticosti: Pétrolia s’attend à ce que Québec respecte ses engagements

MONTRÉAL – Les plus récents propos de Philippe Couillard sur l’île d’Anticosti ont indisposé Pétrolia qui dit s’attendre à ce que le gouvernement du Québec respecte ses engagements envers l’exploration des gisements de pétrole qui s’y trouvent.

La société pétrolière a diffusé lundi un communiqué dans lequel elle dit vouloir «rectifier» certains propos tenus par le premier ministre du Québec.

Lors d’une entrevue accordée vendredi à la station montréalaise 98,5 FM, M. Couillard avait évoqué l’éventualité que le gouvernement du Québec se retire du projet d’exploration des gisements d’hydrocarbures sur l’île d’Anticosti.

Après avoir affirmé qu’il ne souhaite pas être responsable du «délabrement» de ce milieu insulaire sauvage, M. Couillard est allé plus loin concernant l’exploitation des hydrocarbures sur l’île. «Moi je n’en veux pas de développement des hydrocarbures sur Anticosti», a-t-il dit.

Il avait aussi souligné à quelques reprises au cours des dernières semaines qu’il était peu enthousiaste à l’idée d’exploiter le pétrole et des gaz de schiste sur cette île du Saint-Laurent.

La direction de Pétrolia semble avoir mal digéré ces propos, surtout que Québec est un partenaire financier du projet.

«Contrairement à ce qui a été dit par le premier ministre, il n’y a rien dans les ententes qui donne au gouvernement du Québec le droit de se retirer ou de se soustraire à ses obligations», relève Pétrolia lundi dans sa «mise au point».

Cette dernière ajoute que tous les contrats ont été signés de bonne foi avec Québec et que plusieurs actionnaires ont investi dans Pétrolia en se fondant sur la fiabilité de ces engagements gouvernementaux.

Selon Pétrolia, les déclarations publiques du gouvernement à l’effet qu’il n’entend peut-être pas respecter ses engagements contractuels sont «sérieuses et hautement préjudiciables».

M. Couillard a répété vendredi sur les ondes du 98,5 FM que son gouvernement doit gérer les retombées d’ententes conclues par l’ex-première ministre péquiste Pauline Marois.

Dans son communiqué de lundi, Pétrolia a rappelé à ce sujet que la négociation des ententes ayant conduit à la création de HASEC avait débuté en août 2012 sous le gouvernement libéral qui avait précédé celui de Mme Marois.

Les travaux d’exploration conduits depuis juillet 2014 sur l’île d’Anticosti sont pilotés par la société Hydrocarbures Anticosti SEC (HASEC). Cette société a été constituée en mars 2014 par quatre partenaires, dont les quotes-parts sont les suivantes: le gouvernement du Québec (35 pour cent), Corridor Ressources (21,7 pour cent), Pétrolia (21,7 pour cent) et Saint-Aubin E & P (Québec) inc. (21,7 pour cent). La mission de HASEC est de valider la quantité et le potentiel commercial des hydrocarbures que recèle la formation de Macasty sise dans le sous-sol de l’île d’Anticosti.