Après quatre ans de révolte en Syrie, l’espoir d’un expatrié s’est amenuisé

MONTRÉAL – Une manifestation s’est déroulée au centre-ville de Montréal, près de l’université Concordia, pour souligner les quatre ans du soulèvement contre le régime du président syrien Bachar el Assad, dimanche.

Ses instigateurs ont écrit, dans un communiqué, que leur objectif était de dénoncer le triste sort réservé aux enfants et aux adultes tués à cause des «armes chimiques de Bachar el-Assad, [de] ses barils explosifs et [de] la faim qu’il impose aux régions assiégées avec ses forces [armées] et ses milices».

L’un des organisateurs du rassemblement, Faisal Alazem, a indiqué que c’était «très important pour [lui] de prendre la rue pour signaler aux survivants qu’ils ne tombent pas dans l’oubli».

Alors qu’il était interviewé par La Presse Canadienne, il a affirmé que leur réalitéa radicalement changé depuis 2011.

M. Alazem a expliqué que la révolte «avait commencé comme quelque chose de festif et de très émotionnel puisque c’était la première fois que la barrière de peur était cassée».

«J’étais optimiste et je me disais, à l’époque, que c’était vraiment une chance en or parce qu’il y avait une nouvelle génération de jeunes qui adoraient les valeurs et les privilèges de l’Ouest […] Je pensais que les démocraties du monde allaient certainement les soutenir», a-t-il raconté.

Cependant, à son avis,au fil du temps, «ça s’est transformé en une très grande source de malheur et le pays a été détruit complètement», ce qui a fait en sorte que «c’est devenu totalement invivable» sur place.

En parlant de ses concitoyens demeurés en Syrie, Faisal Alazem, qui habite désormais à Montréal, a mentionné, d’un ton dépité,«qu’ils ne sont plus seulement aux prises avec le monstre qu’est le régime de Bachar el-Assad mais aussi avec la montée de l’État islamique».

Selon lui, pour que leur sort s’améliore, «l’indifférence de la communauté internationale» devra cesser etil faudra qu’elle arrête de «tourner le dos aux partisans de la démocratie en Syrie».

«Il y a beaucoup de mots de solidarité et de condamnation mais malheureusement, ça ne suffit pas à changer la situation sur le terrain», a déploré M. Alazem.

Il a souligné qu’il gardait espoir de voir les gouvernements occidentaux se mobiliser pour que des zones sécuritaires soient aménagées spécialement pour les civils afin qu’ils puissent s’y réfugier.

«Quand on parle du pays [à l’échelle internationale], il faudrait qu’on ne se concentre pas seulement […] sur l’État islamique et sur Bachar el-Assad […] mais qu’on cherche à vraiment protéger la population», a-t-il martelé.

Il a ajouté que «les responsables [des massacres] devront être traduits devant la Cour pénale internationale».

Poursuivant sur sa lancée, il a soutenu que les Syriens auront à faire leur bout de chemin pour s’extirper de la crise en trouvant leur propre «solution politique».

Faisal Alazem a reconnu que cette démarche s’annonce extrêmement ardue dans un contexte où «les droits de l’homme et la protection des humains n’existent vraiment pas».

«Les choses que j’ai vues là-bas m’ont marqué à vie. Dans un hôpital, j’ai côtoyédes enfants qui ne pouvaient pas bouger. Ils étaient brûlés, défigurés. Les infirmiers ne savaient pas ce qu’ils allaient faire d’eux car leurs parents avaient été tués», a-t-il relaté.

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