Autre tempête dès samedi soir au Québec: entre 20 et 30 centimètres de plus

MONTRÉAL – Après un avant-goût hivernal de deux tempêtes, les Québécois peuvent s’attendre à un système encore pire dans la nuit de samedi à dimanche, avec des accumulations de neige qui pourraient aller de 20 à 30 centimètres sur la vaste majorité de la province, ainsi que de la pluie verglaçante et du grésil.

Le météorologue d’Environnement Canada René Héroux souligne qu’il y avait longtemps que le mois de décembre n’avait pas été aussi froid et enneigé au Québec, bien qu’aucun record n’ait été fracassé pour l’instant. Déjà, vendredi, entre 10 et 25 centimètres de neige étaient tombés un partout sur le Québec.

En milieu d’après-midi, samedi, la tempête qui avait balayé la région métropolitaine et la Mauricie plus tôt dans la journée s’était déplacée vers les secteurs de l’Estrie et de la Beauce. Les Beaucerons ne connaîtront pas de répit puisque le nouveau système touchera, dans la nuit de samedi à dimanche, surtout les secteurs bordant la vallée du Saint-Laurent.

Les régions de Montréal, de la Montérégie et des Bois-Francs auront elles aussi droit à ce cocktail de neige, de pluie verglaçante et de grésil. Le système, qui devrait diminuer en force vers l’heure du midi dimanche, apportera surtout de la neige et des vents forts au nord du fleuve, a fait savoir M. Héroux.

Ce cocktail météorologique commençait déjà à avoir des effets sur le réseau électrique de la province, bien que la situation s’était sensiblement améliorée en fin de soirée. À 23 h, selon le site internet d’Hydro-Québec, on comptait 16599 clients privés de courant, dont 910 dans le Centre-du-Québec. Le portrait était beaucoup plus positif en Estrie, durement touchée en milieu de soirée, et où on ne comptait plus que 227 clients sans courant.

La porte-parole de la société d’État, Marie-Élaine Deveault, s’attendait à ce que la situation se corse dimanche matin. En entrevue à La Presse Canadienne samedi soir, elle a précisé que son organisation portait déjà une attention particulière au secteur Richelieu-Montérégie car des rafales de vent et du verglas y étaient attendus. Mme Deveault a ajouté que des équipes de Québec, de Trois-Rivières et des Laurentides étaient en chemin vers la rive-sud de Montréal pour prêter main-forte aux équipes de cette région.

Elle s’est tout de même voulue rassurante en disant que depuis la tristement célèbre crise du verglas, en 1998, il y a eu beaucoup d’améliorations qui ont été faites sur le réseau d’Hydro-Québec et que le réseau est très robuste.

«La conception, par exemple, des pylônes a été renforcée, ce qui aide beaucoup à limiter le nombre de pannes en cas de verglas, de grésil, de neige et de vent», a-t-elle fait savoir.

Déplacements difficiles

L’hiver a officiellement fait son arrivée à 12 h 11 samedi après-midi, et en soirée, sa présence se faisait déjà bien sentir sur le réseau routier de la province. Les zones les plus problématiques étaient alors la Montérégie, l’Estrie et la Beauce où la glace causait des maux de tête à bien des automobilistes.

Dans les régions des Laurentides, de Lanaudière, de Montréal, de Laval, du Centre-du-Québec et de la Gaspésie, les conducteurs devaient plutôt composer avec une chaussée recouverte d’une neige granuleuse particulièrement glissante.

Les équipes de déneigement du ministère des Transports ont été à pied-d’oeuvre samedi pour dégager le réseau routier du Québec bien que selon toutes vraisemblances, ce travail sera entièrement à refaire dimanche.

Plus tôt samedi, les automobilistes des régions de l’Outaouais, de Montréal et des Basses-Laurentides ont été pratiquement les seuls à avoir pu emprunter des routes praticables avec des chaussées essentiellement humides ou en partie enneigés, à l’exception de l’autoroute 20, dans la région métropolitaine.

Les autoroutes 40 et 20 entre Montréal et Québec étaient glacées et la visibilité était plutôt réduite.

La circulation routière s’est avérée particulièrement plus difficile sur les principaux axes routiers des régions de la Montérégie, de l’Estrie et du Centre-du-Québec et de la Mauricie.

«Sur la côte sud de Québec, on trouve des routes enneigées avec des lames de neige en certains endroits, notamment à St-Vallier, et ça se poursuit jusque dans la Gaspésie», a ajouté le porte-parole du ministère des Transports du Québec Denis Arsenault.

La route 138 était elle aussi enneigée jusqu’à Tadoussac avec une bonne visibilité, samedi, tandis que la chaussée de la Côte-Nord alterne entre partiellement glacée et enneigée selon les secteurs.

Selon la Sûreté du Québec, la neige serait sans doute liée à trois décès survenus sur les routes en fin de soirée, vendredi.

À Sept-Îles, un jeune automobiliste de 21 ans a péri sur la route 138. Toujours sur la Côte-Nord, un homme de 51 ans s’est tué dans une collision à Malioténam. Et un automobiliste de 52 ans a perdu la vie à Saint-Ludger, en Estrie.

Un autre drame routier s’est produit, samedi après-midi, à Beaupré près de Québec. Vers 16 h, une jeune femme a perdu le contrôle de sa voiture pour une raison indéterminée et a percuté de plein fouet un véhicule circulant en sens inverse. L’impact a coûté la vie à la dame de 21 ans. L’autre conducteur a subi des blessures légères pour lesquelles il a dû être traité à l’hôpital.

Par ailleurs, les intempéries ont causé des annulations et des retards à l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, à Montréal ce week-end, l’un des plus occupés de l’année.

Dans un communiqué publié en après-midi, le transporteur aérien Air Canada a recommandé à ses voyageurs de vérifier l’horaire de leur vol sur le site Web de la compagnie avant de se rendre à l’aéroport.

À Toronto aussi, la direction de l’aéroport Pearson faisait état samedi de retards et annulations.