Avec son budget, Carlos Leitao s’attire bien des critiques et quelques éloges

MONTRÉAL – Le budget déposé par le ministre québécois des Finances Carlos Leitao provoque beaucoup de grincements de dents et quelques applaudissements.Voici quelques réactions suscitées par ce document déposé à l’Assemblée nationale jeudi:

– L’Association médicale du Québec s’inquiète des compressions annoncées par M. Leitao. Elle craint qu’elles ajoutent «une pression supplémentaire sur le réseau déjà fragilisé par la restructuration majeure» du système de santé mise en branle par le gouvernement provincial. Dans ce contexte, elle estime que les patients sont condamnés à subir une baisse de services.

– La Fédération des commissions scolaires du Québec voit mal comment les services aux élèves pourront être maintenus alors que Carlos Leitao vient d’annoncer des coupures «sans précédent» en éducation. Dans les circonstances, l’organisation soutient que ses membres seront nécessairement obligés d’effectuer de nouveau «des choix déchirants». Elle calcule qu’en l’espace de six ans, des compressions de l’ordre d’un milliard $ ont été imposées aux commissions scolaires mais que le couperet n’est jamais tombé aussi violemment qu’en 2015-2016.

– La Fédération québécoise des municipalités se désole de constater que le plus récent budget renferme «peu de nouveaux outils pour les régions». Elle reconnaît, tout de même, la pertinence de certaines mesures.Elle se réjouit, par exemple, de la mise en place d’un programme d’aide aux aînés pour le paiement des taxes municipales ainsi que du maintien de fonds destinés à encourager le développement durable des forêts.

– L’Union des municipalités du Québec estime que le nouveau budget «en est un de transition». Elle l’évalue de manière très positive en faisant valoir qu’il «devra donner au gouvernement la marge de manoeuvre financière» pour aider les collectivités à devenir des «actrices de premier plan du développement économique dans toutes les régions» de la province. L’organisation salue entre autres les investissements d’un milliard et demi $ ayant été prévus pour favoriser la mise en oeuvre de la stratégie maritime si chère aux libéraux.

– L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec déplore que le ministre des Finances «n’ait prévu aucune mesure pour favoriser l’accession à la propriété» et ce, même si elle lui avait fait de nombreuses suggestions en ce sens. Elle juge qu’il a ainsi manqué une belle chance «de mettre à profit le secteur de l’habitation pour contribuer à la relance économique du Québec».

– Le Front d’action populaire en réaménagement urbain dénonce la réduction du nombre de logements sociaux imposée par le grand argentier du Québec et sa propension à vouloir miser plutôt sur le supplément au loyer privé. Il soutient que cette stratégie comporte des failles car elle «n’améliore[ra] pas la qualité des habitations» et qu’elle ne «permet[tra] pas de revitaliser des milieux de vie».

– Le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec ne cherche pas à cacher son pessimisme dans la foulée de la présentation du budget. Il souligne que le nombre de personnes vivant dans les rues connaît une recrudescence dans plusieurs régions de la province mais que, malgré cette augmentation, le manque de volonté pour leur offrir un coup de pouce se fait cruellement sentir. Selon le regroupement, les organismes chargés de venir en aide aux sans-abri n’ont guère été plus gâtés par Carlos Leitao.

– Le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec accueille le budget plutôt froidement. Il juge qu’il renferme bien peu de pistes de solution pour permettre un redressement de la «situation socio-économique particulièrement inquiétante» de la génération montante. Il aurait aimé y lire des «propositions concrètes» destinées aux jeunes ayant pris leurs distances par rapport au marché du travail.

– Le Collectif pour un Québec sans pauvreté s’insurge de constater que M. Leitao n’a prévu «aucune mesure visant un rehaussement des revenus des personnes assistées sociales et des travailleurs pauvres». Il estime que cette «absence d’action» est «absolument inacceptable». Il souligne que le gouvernement gagnerait à «agir pour que soit atteint l’équilibre budgétaire des ménages».

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