Benoît Pelletier témoigne au comité sur l’aide médicale à mourir

OTTAWA – Un des experts qui a consulté les Canadiens sur la question de l’aide médicale à mourir prédit que les prochaines batailles juridiques dans ce dossier seront celles des mineurs qui réclameront le droit à cette aide au nom de l’égalité.

L’arrêt Carter, jugement de la Cour suprême du Canada rendu en février dernier, limite aux adultes le droit à l’aide médicale à mourir.

«Je vous dirais qu’éventuellement les débats devant les cours vont être fondés sur le principe de l’égalité», a offert Benoît Pelletier, mardi soir, à un comité mixte de sénateurs et de députés.

M. Pelletier a siégé à un autre comité, formé celui-là par l’ancien gouvernement conservateur pour sonder les Canadiens sur la question.

En plus de consulter des experts, le comité de M. Pelletier a récolté l’opinion de 15 000 Canadiens. C’est ce savoir que M. Pelletier est venu partager avec les parlementaires, mardi soir.

«Ceux qui ont plaidé le plus fermement pour l’application de l’aide médicale à mourir aux mineurs nous disaient essentiellement que la souffrance, c’est la souffrance, peu importe l’âge de la personne qui souffre», a insisté M. Pelletier.

Le professeur de droit et ancien ministre du gouvernement québécois a toutefois conseillé aux législateurs la prudence.

«Déjà la décision Carter va assez loin. Elle couvre et l’euthanasie volontaire et le suicide assisté, et les problèmes de santé psychologique et les problèmes de santé physique. Elle ne se restreint pas aux cas où des gens sont en fin de vie», a-t-il énuméré au cours d’une entrevue après son témoignage.

Il ne croit pas que les Canadiens soient déjà prêts à étendre aussi ce droit à l’aide médicale à mourir aux mineurs. Mais, ça viendra.

La perspective a fait sourciller le grand nombre de députés conservateurs présents aux audiences du comité.

Bien que seulement trois d’entre eux soient des membres officiels du comité mixte, ils étaient sept conservateurs à assister à la séance; tous — à l’exception de Gérard Deltell — ayant été identifiés par un groupe anti-avortement et anti-euthanasie comme sympathiques à sa cause.

À quelques reprises, les six élus conservateurs ont semblé agacés par des passages du témoignage de M. Pelletier et de celui du Groupe consultatif provincial-territorial d’experts sur l’aide médicale à mourir.

Mais ils ont refusé de partager à voix haute leurs opinions. Tout au plus l’un d’eux, Mark Warawa, a-t-il qualifié de «possible terrain glissant» la perspective d’étendre aux mineurs le droit à l’aide médicale à mourir.

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