Bilan de session: l’opposition péquiste anticipe une hausse générale des taxes

QUÉBEC – Le gouvernement Couillard s’apprête à décréter une hausse générale des taxes, selon l’opposition péquiste.

Alors qu’il faisait le bilan de la brève session parlementaire qui a pris fin vendredi, le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, a dit craindre le pire pour les contribuables, compte tenu des projets du gouvernement visant à assainir les finances publiques.

Selon lui, le gouvernement n’hésitera pas à rétablir l’équilibre budgétaire sur le dos des contribuables dans l’année qui vient. Et ce serait là l’objectif caché de la commission spéciale de révision de la fiscalité, dont les travaux ont été lancés jeudi par le ministre des Finances, Carlos Leitao.

«Qu’est-ce que ça annonce? C’est une hausse généralisée de taxes», a soutenu M. Bédard, en point de presse, s’engageant à prendre la défense de la classe moyenne et des familles.

«Les Québécois ont d’affaire à être vigilants. C’est rare qu’un exercice de révision de la fiscalité va amener un abaissement (des taxes), surtout dans des circonstances où le gouvernement est en perte de revenus», a-t-il ajouté.

Le rapport de la commission sur la fiscalité est attendu en décembre. Le prochain budget soit être déposé en mars 2015.

Le gouvernement s’est engagé à rétablir l’équilibre budgétaire en 2015-2016. Cette année, en 2014-2015, le déficit atteindra 2,35 milliards $, soit 600 millions $ de plus que prévu.

Aux prises avec un contexte budgétaire difficile et une baisse de revenus dans les coffres de l’État, le gouvernement Couillard s’est aussi engagé à exercer un contrôle serré des dépenses gouvernementales, plafonnées à une hausse maximale de 1,8 pour cent en 2014-2015 et à une moyenne de 2,1 pour cent de 2015 à 2019, soit largement inférieure à la moyenne des années passées.

M. Bédard juge que depuis qu’il est en fonction, le gouvernement Couillard effectue des changements importants «en vase clos», sans écouter la population, ce qui pourrait attiser le mécontentement, voire menacer la paix sociale.

L’objectif de l’opposition officielle dans l’année qui vient sera précisément de «préserver la paix sociale», a commenté M. Bédard, qui invite les membres du gouvernement à «ouvrir les oreilles».

«On dirait qu’ils sont tous seuls dans leur bulle, et ils adoptent des politiques à partir d’une colonne de chiffres», selon lui.

Plus tôt, le chef du deuxième groupe d’opposition, François Legault, avait tenu à peu près le même langage.

Car selon lui, en quelques semaines, le gouvernement Couillard a renié ses promesses électorales les unes après les autres, notamment sur l’allégement du fardeau fiscal des Québécois.

Or, il n’y aura pas de relance de l’économie sans réduction du fardeau fiscal des contribuables, particulièrement celui des familles, selon M. Legault, qui s’est montré inquiet des propos tenus la veille par le ministre des Finances laissant entendre que le gouvernement pourrait alourdir davantage le fardeau fiscal de la classe moyenne, au terme du processus de modernisation du régime fiscal.

C’est sans compter les pertes d’emploi, 30 000 depuis le début de l’année, et l’écart de richesse entre le Québec et le reste du pays, a ajouté le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Il a aussi plaidé pour la création de zones d’innovation dans toutes les régions du Québec et réclamé du gouvernement qu’il présente un véritable plan de relance de l’économie avant longtemps.

M. Legault estime que le gouvernement Couillard s’est donné des objectifs ambitieux en matière de contrôle des dépenses de programmes, mais il met en doute sa détermination à livrer la marchandise. «Est-ce que c’est juste des voeux pieux?», a-t-il demandé.

Si c’est le cas, il croit que le prix politique à payer par les libéraux sera élevé, car il estime les attentes de la population très élevées à ce chapitre.

De son côté, Québec solidaire a renoncé à présenter son propre bilan de la session.

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