Les avions de la CSeries sont plus performants que prévu, soutient Bombardier

PARIS – C’est un nouvel argument de vente pour Bombardier : les CSeries peuvent voler plus loin que promis.

L’avionneur a inauguré dimanche sa participation au 51e salon du Bourget en annonçant que son nouvel avion, lors des essais en vol, s’était révélé plus performant que prévu.

«La consommation de carburant, le charge utile, la distance franchissable et la performance au décollage dépassent les attentes», a révélé l’entreprise, 24 heures avant l’ouverture officielle de ce grand rendez-vous international de l’aéronautique et de l’espace

Bombardier doit revenir dans le détail lundi sur les performances de sa série C, mais déjà les chiffres se veulent impressionnants. Ses nouveaux avions, indique-t-on, peuvent franchir 3300 milles nautiques, soit environ 6 100 kilomètres. C’est 650 kilomètres de plus (12 pour cent) que la distance estimée au départ. L’appareil consommerait par ailleurs 20 pour cent de moins que les avions de séries et dix pour cent de mois que les appareils remotorisés de ses concurrents Airbus et Boeing. Sur le plan acoustique, les séries C promettent aussi d’être les avions commerciaux les plus silencieux qui soient. La cabine enfin pourra accueillir 15 passagers de plus que promis.

Ces performances avantageuses sont une «excellente nouvelle», a souligné le président de Bombardier avions commerciaux, Fred Cromer. Elles sont surtout un nouvel argument commercial pour Bombardier, qui reste à la peine avec ses CSeries. Six ans après le lancement du programme, les commandes fermes plafonnent en effet à 243 exemplaires, loin derrière celles enregistrées par Airbus et Boieng sur le même créneau (6000 au total), selon les décomptes effectués par la presse spécialisée. Deux ans après avoir lancé sa gamme E-Jets E2, Embraer, le grand rival brésilien de Bombardier, a déjà atteint pour sa part les 242 commandes fermes.

Cela fait dire à certains que Bombardier «joue à quitte ou double» cette année au salon du Bourget, où l’avionneur a débarqué en force, avec 150 cadres, attachés de presse et mécaniciens.

Le nouvel avion fait au Bourget sa «première sortie dans le grand monde», pour reprendre l’expression d’une spécialiste québécoise, et devrait être l’objet de toutes les attentions. Pour la première fois, les visiteurs et les éventuels acheteurs pourront voir sur le tarmac un CS100 (aux couleurs de Swiss-Lufthansa, la compagnie européenne de lancement de l’avion) et un CS300, qui ouvrira chaque jour les démonstrations en vol.

A coup sûr, l’avion fera le «buzz», mais il ne devrait faire l’objet d’aucune annonce spectaculaire : ce n’est pas cette semaine — à moins d’une grande surprise — que Bombardier devrait remplir son carnet de commandes.

A ce sujet, le nouveau vice-président principal responsable des ventes, l’Américain Colin Bole, a dissipé toute ambiguïté.

«Nous avons des discussions en continu avec des compagnies aériennes, qui se sont accélérées, a-t-il dit dans un excellent français. Nous ne nous focalisons pas sur l’annonce ou la conclusion de commandes dans le cadre du salon du Bourget. Le salon représente cinq jours dans une année, cinq jours comme les autres. Les commandes dont nous discutons en ce moment se concrétiseront lorsqu’elles seront mûres. Nous n’allons pas précipiter une annonce juste à cause du salon.»

Au Bourget, Bombardier vient d’abord afficher sa confiance dans l’avenir de son CSeries et sa conviction de proposer l’avion «idéal» dans un marché en pleine croissance.

«L’intérêt pour l’avion est très important», a répété Colin Bole, fraichement installé dans ses nouvelles fonctions.

«Je ne suis en poste que depuis quatre semaines, mais je suis très favorablement impressionné par le spectre d’intérêt, qui inclut à la fois les compagnies régulières classiques, les compagnies »low cost », les charters, les compagnies régionales, dans le monde entier et sur tous les continents. Je pense que nous avons un marché important», a-t-il estimé

Bombardier, en dépit de la concurrence d’Airbus et de Boeing, reste convaincu d’offrir un produit supérieur.

«Les variantes qu’ils proposent dans le créneau 100 à 150 sièges ne sont pas optimisées. Je crois qu’eux-mêmes le reconnaîtraient. Nous avons l’avion idéal pour cela», a déclaré Colin Bole.