Budget: les fumeurs et les banques sont mis à contribution au Manitoba

WINNIPEG – Les fumeurs et les banques seront mis à contribution au Manitoba pour améliorer les infrastructures et maintenir les dépenses de programmes, en vertu du budget provincial déposé jeudi, qui vient par ailleurs puiser abondamment dans le fonds de prévoyance.

Dans un budget de dépenses de 15,5 milliards $ — une hausse de 1,9 pour cent —, le gouvernement néo-démocrate de Greg Selinger annonce une hausse de 1 $ de la cartouche de cigarettes. Il augmente aussi d’un point de pourcentage l’impôt sur le capital des institutions financières, qui atteindra un taux de 6,0 pour cent.

Le budget prévoit par ailleurs une augmentation du crédit d’impôt pour les aidants naturels, et une hausse des prestations de logement pour les assistés sociaux — jusqu’à 271 $ de plus par ménage.

Afin d’améliorer les infrastructures et de réduire la dette, le gouvernement puise par ailleurs 105 millions $ dans le fonds de prévoyance de la province; le solde de cette «cagnotte pour éventualités» sera ainsi réduit à 115 millions $ — il était de 864 millions $ en 2009. Mais le ministre des Finances, Greg Dewar, a indiqué que ce fonds serait regarni dès que l’économie le permettra.

Le gouvernement enregistre encore cette année un déficit de 422 millions $, alors qu’il avait déjà reporté de quatre ans, jusqu’en 2019, l’atteinte de l’équilibre budgétaire.

Le budget prévoit par ailleurs une hausse modeste des dépenses en santé et en éducation.

«Nous avons fait le choix d’investir dans les infrastructures, dans les soins de santé, dans l’éducation», a expliqué le ministre Dewar. «D’autres provinces ont emprunté une voie différente.»

Le gouvernement prévoit en effet des investissements de 1 milliard $ dans les infrastructures, dans le cadre du plan quinquennal de relance déjà annoncé en 2013 lorsque les néo-démocrates ont décrété une hausse de la taxe de vente — une mesure extrêmement impopulaire, qui a provoqué une révolte au sein même du caucus, et qui a presque coûté son poste au chef du parti et premier ministre.

Les cinq principaux ministres du cabinet Selinger ont démissionné presque en bloc l’an dernier, en réclamant le départ de leur chef. Lors d’une course au leadership, en mars, au beau milieu du mandat, le premier ministre est finalement sorti gagnant mais avec seulement 33 voix de majorité.

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