Campagne au ralenti alors que les chefs se préparent pour le débat de jeudi

OTTAWA – Les néo-démocrates ont mis quelques chiffres sur la table, mercredi, alors que la campagne électorale roulait au ralenti.

Au 46e jour de campagne, les chefs des trois principaux partis ont limité leurs sorties publiques afin de se préparer pour la tenue d’un débat, jeudi, à Calgary. Ce débat aura pour sujet l’économie.

Profitant de la pause, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a dévoilé son cadre fiscal.

Les calculs du NPD prédisent des excédents budgétaires entre 3 et 4 milliards $ par année, au cours des quatre ans d’un gouvernement néo-démocrate.

Pour arriver à cet excédent tout en livrant leurs promesses de dépenses, les troupes de Thomas Mulcair prévoient augmenter les impôts des entreprises à 17 pour cent, annuler les subventions aux industries de combustibles fossiles — une économie annuelle de 240 millions $ — et annuler le fractionnement du revenu. Ces mesures et d’autres fourniraient 7,2 milliards $ aux coffres de l’État, selon le NPD.

Avant que le NPD n’étale ses chiffres, le Parti conservateur envoyait Jason Kenney, ministre sortant de la Défense, devant les micros pour reprocher aux néo-démocrates et libéraux de se préparer à augmenter les impôts.

«Ils démarrent avec un programme qui va tuer au moins 300 000 emplois», a-t-il d’abord dit des néo-démocrates. «Et ça, c’est avant qu’ils en arrivent à leur taxe sur le carbone», a-t-il ajouté.

Le leader libéral Justin Trudeau, lui, a refusé d’offrir plus de chiffres que ceux qu’il a déjà annoncés.

«Nous étions les premiers à présenter un cadre fiscal complet qui disait où nous allons prendre l’argent; 10 milliards $ de déficit dans les deux premières années qui vont nous permettre de faire les investissements nécessaires. (…) Nous avons le plan pour investir et tous nos engagements sont chiffrés et rentrent à l’intérieur de ce cadre fiscal que nous avons présenté», s’est défendu M. Trudeau, en point de presse.

Par ailleurs, les conservateurs se sont empressés d’annoncer qu’ils chercheront à porter en appel un jugement de la Cour fédérale d’appel qui permet à une femme de prêter serment de citoyenneté sans retirer son niqab. Ils se sont également engagés à faire adopter, dans les 100 premiers jours s’ils sont réélus, une loi qui obligerait à prêter ce serment à visage découvert.

Le chef libéral y voit une tactique de division et réclame le respect des droits des minorités. Son rival du Bloc québécois, Gilles Duceppe, estime, au contraire, qu’on devrait aller plus loin.

«Il faut que ce soit sur le vote aussi. Nous, on l’avait proposé à Ottawa que le vote se fasse à visage découvert, que les services offerts et rendus dans le cadre de la fonction publique se fassent à visage découvert. Et ça, je n’ai pas entendu les conservateurs sur ça», a souligné M. Duceppe, lors d’un arrêt de campagne à Montréal.

Et puis, un autre candidat de cette campagne est victime de ses commentaires passés.

Le Parti libéral a largué Chris Austin, un candidat albertain. On lui aurait reproché d’avoir diffusé sur Twitter des gazouillis particulièrement hostiles à Stephen Harper et au gouvernement conservateur.

Ainsi, sur un compte Twitter au nom de Chris Austin, on peut voir un lien vers une vidéo de l’attaque perpétrée au parlement le 22 octobre dernier, accompagné de ce commentaire: «Assoiffé par la guerre, Harper a fait de notre capitale une zone de guerre».