Campagne en Ontario: libéraux et conservateurs font peu de cas du NPD

TORONTO – Les libéraux et les progressistes-conservateurs de l’Ontario semblent vouloir donner l’impression aux électeurs qu’ils constitueront les deux seules formations politiques inscrites sur les bulletins de vote le 12 juin, reléguant le Nouveau Parti démocratique (NPD) au rang de parti marginal insignifiant.

La bataille pour le vote stratégique a pris son envol, mercredi, après la levée de l’interdiction des publicités à la radio et la télévision, les ondes étant désormais inondées de messages incitant les électeurs à favoriser l’élection d’un gouvernement majoritaire.

En visitant le coeur du secteur manufacturier de l’Ontario, la première ministre sortante, Kathleen Wynne, a martelé que le véritable choix se faisait entre l’approche réfléchie et compatissante de son parti pour la croissance de l’économie et la création d’emplois, et celle des coupes conservatrices qui replongeraient la province en récession.

Et le NPD? Il n’entre pas vraiment en ligne de compte, a-t-elle argué.

«Chaque fois que (la chef) Andrea Horwath présente un non-sens, une idée qui flotte dans les airs sans attache, cela la rend encore moins pertinente à l’égard des défis très sérieux auxquels nous sommes confrontés», a affirmé Mme Wynne dans une usine de Toyota à Cambridge.

«Il n’y a pas de solutions expéditives aux défis auxquels nous faisons face», a-t-elle ajouté.

Mme Wynne rappelle souvent aux électeurs que le scrutin a été déclenché après l’annonce du rejet du budget libéral par le NPD. Selon elle, le budget contenait des mesures souhaitées par les électeurs du NPD, telles que l’augmentation du salaire minimum et la hausse des salaires des éducatrices à l’enfance.

Des responsables du Parti libéral ont aussi cité des partisans déçus du NPD, qui jugeraient que Mme Horwath a perdu ses repères.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Tim Hudak, a largement ignoré les néo-démocrates dans ses discours de campagne, présentant ces élections comme une occasion d’élire un gestionnaire économique compétent en mesure de créer davantage d’emplois.

«Il s’agit d’un scrutin à enjeu unique: Quel chef a le meilleur plan pour faire travailler plus de gens dans la province et faire fonctionner le gouvernement de manière à mieux vous servir?», a dit M. Hudak, dans la ville de Cobourg.

Les stratèges néo-démocrates disent pour leur part cibler les électeurs indécis — qui détermineront, selon eux, l’issue de ces élections — et ont le regard tourné vers les progressistes-conservateurs qui apprécient peu M. Hudak.

Le NPD fait usage du «bon sens» dans ses messages en campagne, dans une approche similaire à celle du programme de la «révolution du bon sens» du conservateur Mike Harris en 1995, qui avait porté le chef du troisième parti au pouvoir.

Mme Horwath présente sa formation comme la meilleure solution de rechange aux libéraux, rappelant aux électeurs les scandales de dépenses dont a hérité Mme Wynne de son prédécesseur libéral, notamment l’annulation des deux projets de centrales thermiques.

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