Cancer du sein:une vaste tournée de sensibilisation est en cours au Québec

QUÉBEC – Aux grands maux, les grands remèdes.

Voilà sans doute le leitmotiv des ambassadrices de la Fondation du cancer du sein du Québec qui vont circuler aux quatre coins de la province pour y faire de la sensibilisation.

Elles ont déjà pris la route à bord d’un véhicule récréatif pour cette grande tournée qui a été baptisée «La Virée Rose».

Leur objectif est ambitieux: d’ici le début octobre, elles souhaitent s’entretenir avec 35 000 femmes dans l’habitacle de leur énorme motorisé.

Selon la présidente-directrice générale de la Fondation, Francine Cléroux, ces multiples tête-à-tête serviront à«démystifier les trois pratiques en santé du sein qui sont l’observation, le dépistage par la mammographie et l’examen clinique» ainsi qu’à discuter des indices avant-coureurs de la maladie.

En entrevue à La Presse Canadienne samedi, Mme Cléroux a expliqué que les ambassadrices, qui peuvent être par exemple, des étudiantes en pharmacologie ou encore en sciences infirmières,doivent « rencontrer les visiteuses une par une et leur expliquer d’une façon bien spécifique tous les symptômes qu’elles ont à observer».

Elle a ajouté que pour effectuer leur travail, les représentantes de son organisation miseront sur du «matériel interactif et informatif» comme des vidéos et de fausses poitrines avec «des anomalies à observer pour détecter un cancer du sein».

Francine Cléroux a tenu à se montrer rassurante en faisant valoir que les explications ne s’éterniseront pas. Elle a indiqué que «les femmes [n’auront qu’]à investir cinq minutes de leur temps» pour avoir l’heure juste.

Afin attirer un maximum de Québécoises dans le véhicule récréatif de «La Virée Rose» et surtout de les pousser à se soucier davantage de poitrine, Mme Cléroux a lancé coup sur coup trois arguments.

«On sait très bien qu’un cancer détecté plus tôt sera mieux traité, qu’il sera moins invasif et que les chances de survie [de la patiente] seront plus grandes», a-t-elle résumé.

Geneviève Lajoie espère que ce message fera mouche auprès d’un maximum de femmes.

Il y a quatre ans, cette avocate montréalaise a eu la mauvaise surprise de découvrir un renflement sur sa poitrine alors qu’elle était enceinte de trois mois. Alarmée par cette masse dont les proportions augmentaient progressivement, elle a choisi de prendre les choses en main.

Au terme de trois consultations médicales, le verdict est finalement tombé. Elle a alors reçu un diagnostic de cancer.

Comme aucun membre de sa famille n’avait souffert d’un tel problème de santé auparavant, la nouvelle a été «tout un choc». Elle précise que c’était «inimaginable pour elle» d’être atteinte d’une maladie aussi grave.

La jeune juriste de 37 ans est désormais en rémission mais pour pouvoir remonter la pente, elle a vraiment dû payer le gros prix.

Elle n’a eu d’autre choix que de «mettre un terme à [sa] grossesse […] pour pouvoir recevoir des traitements de chimiothérapie». Mme Lajoie a aussi dû se soumettre à «plusieurs mois de traitements» et même subir une mastectomie totale. Elle qualifie cette phase de sa vie d’«épreuve très, très difficile».

A posteriori,elle juge, toutefois, que le jeu en valait la chandelle. «Désormais, ça va très bien», souligne-t-elle d’un ton optimiste.