Ce n’est pas juste à l’État québécois de livrer les services, dit Leitao

MONTRÉAL – Ce n’est pas nécessairement à l’État québécois de fournir des services, estime le ministre des Finances, Carlos Leitao, qui croit que tous les scénarios, dont la privatisation, doivent être étudiés pour réaliser des économies.

Invité par l’Association des économistes du Québec, lundi, à Montréal, M. Leitao a fait valoir que la livraison des services était «secondaire» puisque c’est leur accessibilité qui compte pour les citoyens.

«Est-ce qu’il faut que ça soit l’État qui livre des services publics? Que ça soit l’État ou quelqu’un d’autre, je pense que c’est secondaire. C’est le service lui-même qui compte», a-t-il dit dans son allocution.

Le ministre Leitao a assuré que la Commission de révision permanente des programmes — qui doit dégager des économies de 3,2 milliards $ pour l’an prochain afin d’atteindre l’équilibre budgétaire — se penchera sur cette question.

Le ministre des Finances a réservé une partie de son discours pour remettre en question l’efficacité du modèle actuel, sans toutefois fournir d’exemples quant aux approches à préconiser ainsi que les économies qui pourraient être réalisées.

Au cours d’un bref point de presse, il a suggéré que certains groupes communautaires pourraient par exemple prendre le relais de certains services actuellement dispensés par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

«Il y a énormément d’organismes communautaires qui peuvent fournir ces services, a dit M. Leitao. Ça coûte moins cher quand il s’agit d’un réseau étatique. (Ce réseau) pourrait être capable d’aller dans des endroits plus éloignés.»

Le ministre des Finances a estimé que trop souvent, la «machine étatique» devenait «trop bureaucratique» et qu’il fallait trouver des scénarios où l’offre de services pourrait être plus flexible.

Outre le secteur privé, ce «réseau étatique» d’organismes communautaires pourrait s’avérer plus flexible et moins coûteux pour l’État, a dit M. Leitao.

Cette approche pourrait permettre au gouvernement Couillard de réduire le nombre d’employés de la fonction publique, puisque l’État ne serait pas nécessairement l’employeur des travailleurs de ces organismes communautaires.

«C’est une façon de le voir, a dit M. Leitao. Ce que l’on cible, c’est la disponibilité du service.»

Au cours de son allocution, le ministre a rappelé que quelque 6500 travailleurs s’ajoutaient annuellement dans la fonction publique avant le gel d’embauche décrétée par le gouvernement Couillard après son arrivée au pouvoir.

Révision à la baisse de la croissance

Par ailleurs, en raison d’une situation économique plus difficile que prévu, le ministre des Finances a reconnu qu’il devra abaisser sa cible de croissance de 1,8 pour cent du produit intérieur brut (PIB) qui figurait dans son budget déposé en juin dernier.

«C’est clair qu’avec ce qui s’est passé au premier trimestre et même un peu au deuxième, ça sera très difficile d’atteindre 1,8 pour cent, a-t-il dit dans son discours. On va devoir réviser cela à la baisse.»

Le ministre a souligné que la mise à jour de l’état des finances publiques pour les quatre premiers mois de l’exercice, dévoilée vendredi dernier, faisait état d’une croissance du PIB de 1,5 pour cent.

«Il y a quand même une reprise, mais ce n’est pas satisfaisant, a-t-il dit. Ce n’est pas encore très fort, mais c’est mieux qu’en 2013.»

Sans dévoiler sa nouvelle prévision, M. Leitao a affirmé qu’elle figurera dans sa mise à jour économique automnale, qui, selon lui, devrait garder le cap sur les mesures budgétaires déjà annoncées.

S’il dit constater un «certain regain d’activité économique», cela ne l’a pas empêché de reconnaître que la progression de l’emploi avait jusqu’ici été «faible», ce qui était «loin d’être satisfaisant».

Au début du mois, le ministre des Finances, qui planchait sur une création de 31 300 emplois au Québec pour l’année en cours, avait admis que le gouvernement Couillard allait rater sa cible.

«Il y a des aspects structurels qui expliquent cela, mais aussi la lenteur des investissements privés», a-t-il dit.

M. Leitao a par ailleurs indiqué qu’il accueillait favorablement la proposition de l’Association de mettre sur pied un chantier sur la fiscalité après le dépôt du rapport final, en décembre, de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise.

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Il faut bien comprendre son message. Il dit bien que ce n’est pas seulement à l’État de fournir les services et que le privé peut bien prendre la relève, mais jamais il ne parle de privatiser les coûts des services, le service de perception pour payer le privé. La facture sera encore refilée à l’État, le privé ne prendra donc aucun risque. Leitao nous fait croire que le privé réussira à nous fournir des services pour moins cher que le public, car le privé abaissera les salaires de la classe moyenne qu’ont les travailleurs et travailleuses du monde de la santé. Leitao oublie intentionnellement de nous dire qu’une minorité d’actionnaire du privé s’enrichira de cette situation, mais faudra pas s’en faire et ne pas avoir honte de la création de la richesse (sic).

Les libéraux ont fait la même chose du temps de Charest avec l’éolien. Ils ont prétendu que le Québec n’avait pas l’expertise ni les ressources financières pour développer ce secteur énergétique et ils ont entrepris de laisser le privé développer tout ce secteur, même si les coûts de production étaient supérieurs au prix du marché, mais la Société d’État a fourni des garanties d’achat pour toute la production éolienne. Nous n’avions pas les ressources pour développer, mais nous les avions pour assumer les risques.

Avec Leitao se sera des PPP nouvelle mouture, le privé fournira les services et le public garder étatiser les services de facturation et paiera la facture, ainsi l’universalité restera assuré.

Que de sophismes et sophisme au pluriel au carré.

En passant: Carlos Leitao, t’as pas été élu pour faire ça, c’est clair, net et précis?

Le PLQ n’a pas présenté une plateforme électorale pour se faire élire en promettant la privatisation des services de santé et en éducation.

S’il fallait que votre parti corrompu décide de mettre vos idées à l’oeuvre, le Printemps 2012 n’aura été que de la petite bière dans la réaction à prévoir dans les rues québécoises.

Normand Perry.

Les propositions avancées par le ministre Leitao pourraient être interprétées comme étant une position idéologiques anarchistes. L’idée de remplacer la structure de l’état jugée trop contraignante et offrir des services par le biais de mesures communautaires, c’est un pan important de la démocratie direct et de la décentralisation du pouvoir de l’état.

Je trouve ça quand même bidonnant.

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