Centres privés pour aînés:un accord contre le maraudage unit la FTQ et la CSN

MONTRÉAL – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN)se sont engagéesà ne pas empiétersur les plates-bandes de l’autre organisation.

Elles ont conclu un protocole pour mettre un frein aumaraudage auprès de la main-d’oeuvre des centres d’hébergement privés pour personnes âgées.

L’accord est entré en vigueur dimanche et il doit s’échelonner sur une période detrois ans. Les deux parties ont également convenu que six mois avant l’échéance de cette entente, elles détermineront de concert s’il y a lieu ou non de la reconduire.

En entrevue à La Presse Canadienne, le président du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES), qui est affilié à la FTQ, a soutenu que la conclusion d’une pareille trêve s’imposait.

Jean-Pierre Ouellet a expliqué qu’au sein du personnel des établissements privés pour aînés, il y a trop souvent «des gens qui sont obligés d’avoir deux emplois pour joindre les deux bouts».

«Parfois, c’est plus payant de vendre du café dans la restauration rapide que de s’occuper de nos personnes âgées au Québec», a-t-il dit d’un ton indigné.

Poursuivant sur sa lancée, il a déclaré que les conditions de travail sont «minables et déplorables» dans ces institutions.

Le président de la CSN les, a pour sa part, qualifiées de «difficiles» voire de «désolantes».

Jacques Létourneau a ajouté «qu’il y a beaucoup de postes à temps partiel, d’employés temporaires et d’horaires coupés».

«De façon générale, les travailleurs — qu’ils soient des préposés aux bénéficiaires, des infirmiers auxiliaires ou encore des gens affectés à l’entretien des bâtiments — vivent énormément de précarité. [De plus], ils gagnent à peine 12 $ de l’heure», a-t-il déploré.

Malgré ce climat «pénible», il y avait auparavant des «chicanes de clôture» selon M. Ouellet.

Il a précisé qu’«à l’échéance des conventions collectives, il y a toujours une période de changement d’allégeance syndicale et [qu’]il y avait alors une compétition entre la CSN et la FTQ».

Or, à son avis, cette concurrence était un non-sens.

«On s’est dit: on ne renforce pas nos alliances ni le secteur d’activité en agissant comme ça. […] Nous avons pensé que les ennemis ne sont pas parmi nous, qu’ils sont [plutôt] en face de nous. Ce sont les employeurs des résidences privées pour aînés», a-t-il dit.

Jean-Pierre Ouellet a souligné que ces patrons «ne sont pas là par charité chrétienne» mais bien pour engranger un maximum de profits et qu’il importait donc de s’unir pour leur tenir tête.

Il a lancé que grâce au nouveau protocole, les syndicats pourront désormais se consacrer conjointement à leurs «deux missions [c’est-à-dire] améliorer les conditions des travailleuses et des travailleurs et […] servir de chiens de garde [afin de garantir] la qualité des soins et des services» offerts aux bénéficiaires.