Cérémonie commémorative pour les deux soldats tués en octobre 2014

OTTAWA – Un an après les deux attentats commis contre autant de militaires canadiens, plusieurs centaines de citoyens se sont massés dans les rues d’Ottawa pour leur rendre hommage.

Dignitaires, membres des Forces armées, policiers et premiers répondants se trouvaient jeudi matin au pied du Monument commémoratif de guerre du Canada, où le caporal Nathan Cirillo est tombé sous les balles d’un tireur qui s’était radicalisé le 22 octobre 2014.

Cette attaque survenait deux jours après que l’adjudant Patrice Vincent eut été assassiné à Saint-Jean-sur Richelieu, en Montérégie, par un autre individu qui était aussi adepte de l’idéologie djihadiste.

Dans un geste d’unité, le premier ministre sortant Stephen Harper et le premier ministre désigné Justin Trudeau ont déposé ensemble une gerbe de fleurs devant la tombe du soldat inconnu.

Ils n’ont pas pris la parole pendant la cérémonie; c’est plutôt le gouverneur général David Johnston, commandant en chef du Canada, qui s’est chargé de livrer un discours en hommage aux soldats morts dans ces circonstances tragiques.

«Bien des gens disaient que le Canada avait changé à jamais en octobre dernier. Je ne crois pas que le Canada a changé à jamais», a-t-il soutenu.

«Les Canadiens sont compatissants et courageux. Cela n’a pas changé et cela ne changera pas. Ces évènements sont rares dans l’histoire d’une nation, et notre façon d’y réagir en dit long sur qui nous sommes», a enchaîné le représentant de la reine d’Angleterre au Canada.

Par voie de communiqué, M. Harper a déclaré qu’il «a été inspirant de voir les Canadiens se rallier après ces attaques, se soutenir mutuellement, condamner le terrorisme et faire preuve du courage et de la résolution qui font la grandeur de notre pays».

Celui qui lui succédera à titre de premier ministre, Justin Trudeau, a pour sa part exprimé dans une déclaration que «nous ne laisserons pas des menaces nous définir et nous ne plierons pas devant ceux qui s’attaquent à nos valeurs et à notre liberté».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, n’a pas assisté à la cérémonie, pour des raisons qui n’ont pas été précisées. Le leader néo-démocrate a plaidé dans un communiqué que si cet «acte de haine» avait pour but de diviser les Canadiens, «c’est l’inverse qui s’est produit» puisque le Canada «n’a jamais été aussi fort et uni».

La cérémonie de jeudi a touché Martin Magnan, l’un de ceux qui ont accompagné le caporal Cirillo dans les derniers moments de sa vie, lui tenant la main alors qu’il gisait au sol en attendant les premiers répondants.

«C’est un honneur et un plaisir d’être ici aujourd’hui, j’ai le sentiment de fermer un chapitre», a affirmé l’homme âgé de 47 ans.

Les événements du 22 octobre dernier «font partie de mon expérience, de qui je suis maintenant. Ça fait que je suis une meilleure personne, je le crois fortement», a poursuivi M. Magnan.

Les familles des soldats Vincent et Cirillo étaient sur place, jeudi matin, pour assister à la cérémonie, qui a été ponctuée par une salve de 21 coups d’artillerie. Un défilé aérien de chasseurs CF-18 en formation «Missing Man» a aussi survolé le ciel d’Ottawa pendant l’événement.

Ce salut aérien protocolaire a particulièrement touché la famille de Patrice Vincent, qui aurait été «assez impressionné de voir combien de gens sont là pour lui et sont sincèrement touchés pour lui», a suggéré l’une de ses trois soeurs, Louise Vincent.

Mais il n’en demeure pas moins que les derniers jours ont été difficiles pour la famille Vincent. «C’est un retour à la case départ. (…) Ça fait une semaine qu’on revit son décès», a laissé tomber une autre soeur du militaire, Suzanne Vincent.

Le caporal Cirillo aurait probablement apprécié lui aussi qu’on lui rende un hommage aussi vibrant, selon l’un de ses anciens supérieurs et compagnon d’armes au sein du régiment Argyll and Sutherland Highlanders.

«Il aimait être le centre de l’attention, alors j’imagine qu’à quelque part, il en rigolerait», a lancé le capitaine-adjudant Mike Wonnacott à l’issue de la cérémonie.

Après avoir froidement assassiné le caporal Cirillo au Monument commémoratif de guerre, le tireur Michael Zehaf-Bibeau avait fait irruption dans l’édifice du Centre du parlement. Il est passé devant les salles où étaient réunis les caucus du Parti conservateur et du NPD avant d’être abattu par les services de sécurité.