Charte: seul Québec tente de dire aux musulmanes quoi porter, déplore Mulcair

OTTAWA – Thomas Mulcair continue de condamner la charte des valeurs québécoises et pousse la note plus loin, en affirmant que seules les troupes de Pauline Marois tentent de dire aux musulmanes quoi porter.

Dès le dépôt de la charte des valeurs par le gouvernement péquiste l’automne dernier, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a déploré le fait qu’il interdisait le port de signes religieux dans la fonction publique.

En point de presse jeudi, son chef a évoqué un argument parfois mis de l’avant dans le débat secouant le Québec sur la charte, à savoir que c’étaient les maris et les frères des femmes musulmanes qui leur imposaient un code vestimentaire.

Or, selon M. Mulcair, les seuls qui tentent de dire aux musulmanes quoi porter, ce sont «les gens qui sont au pouvoir à Québec».

«Très souvent, tout ça, c’est un argument que c’est les maris et les frères qui veulent dire aux musulmanes quoi porter. Moi, je connais une seule personne qui essaie de dire aux musulmanes quoi porter, c’est les gens qui sont au pouvoir à Québec», a-t-il tranché.

M. Mulcair s’est fait interroger sur la nouvelle position des libéraux de Philippe Couillard, selon laquelle les femmes portant le tchador — ce long voile traditionnel iranien ne laissant paraître que l’ovale du visage — ne pourraient travailler comme éducatrices ou enseignantes.

Le chef néo-démocrate n’a pas répondu à la question de front, mais il a réitéré qu’il trouvait inacceptable qu’une femme portant un foulard pourrait perdre son emploi dans un centre de la petite enfance. Il n’a pas précisé si sa définition de foulard s’étendait au tchador.

«Quelqu’un qui porte le foulard dans une garderie ne devrait pas perdre son emploi. Si c’est ça le genre de société que les gens qui proposent cette soi-disant charte des valeurs veulent, ce n’est pas le genre de société dans laquelle moi je veux vivre», a-t-il noté.

Plus tôt dans la journée, son député montréalais Alexandre Boulerice s’était montré très prudent sur la question du tchador, préférant éviter de sauter dans le débat.

«Je ne pense pas que c’est le rôle d’un politicien fédéral d’entrer autant dans les détails d’un projet de loi qui est proprement québécois», a-t-il soutenu.