Chefferie du PQ: Bédard veut voir émerger un leader à la Bouchard

QUÉBEC – Le prochain chef du Parti québécois devra afficher les mêmes qualités que Lucien Bouchard, pense le leader intérimaire péquiste, Stéphane Bédard.

Alors que les aspirants à la chefferie jaugent leurs appuis et poursuivent leur «réflexion», M. Bédard a sa petite idée du profil que devra avoir le prochain ou la prochaine leader du Parti québécois.

Comme Lucien Bouchard, le futur chef devra être charismatique, «profondément enraciné» au Québec et capable d’inspirer confiance aux Québécois, a souligné le député de Chicoutimi lors d’un entretien à La Presse Canadienne.

«On est dans la course au leadership pour trouver justement quelqu’un qui va avoir ce charisme pour ramener la confiance, pour livrer un discours qui est fort pour les Québécois, un discours de fierté qui va inspirer confiance aux Québécois. (…) Il faut quelqu’un qui est profondément enraciné dans le Québec, comme l’était M. Bouchard, comme l’était M. (René) Levesque et comme l’était M. (Jacques) Parizeau», a-t-il enchaîné.

De même, le meilleur candidat n’a pas à être le favori de l’establishment du parti, a fait comprendre l’élu saguenéen, faisant sienne l’expression «la patrie avant le parti» chère à un autre ancien chef du PQ et ex-premier ministre, Bernard Landry.

«La souveraineté, ce n’est pas pour le parti qu’on la fait, ce n’est pas pour le PQ, ce n’est pas pour les péquistes, c’est pour les Québécois et le Québec. Lui, (Lucien Bouchard) a essayé, j’étais là, en 1995, comme militant, et je l’ai vécu au jour le jour. Ça prend quelqu’un de qualité, de même nature», a-t-il soulevé.

M. Bédard a été enchanté par le film «Nation» de Carl Leblanc dans lequel se confie M. Bouchard, figure de proue de la montée souverainiste dans les semaines précédant le référendum de 1995. Il ne voit pas dans le scénario l’expression d’un échec, bien au contraire.

L’ancien chef du Bloc québécois a conduit les troupes «aux portes» de la souveraineté _ le ‘Oui’ a obtenu un score de 49,4 pour cent le 30 octobre 1995 _ mais les manoeuvres électorales douteuses du camp fédéraliste ont fait pencher la balance, a-t-il avancé.

M. Bédard est d’avis que «les gens se révèlent toujours quand ils prennent des fonctions» et cela a été le cas, selon lui, de M. Bouchard.

«Les gens attribuaient de grandes qualités à M. Bouchard lorsqu’il a quitté le Parti (progressiste) conservateur mais c’est vraiment quand il est devenu chef du Bloc québécois qu’on a vu toute la stature de l’homme. Quand il a pris la direction de la campagne référendaire, ses qualités sont ressorties avec une plus grande amplitude. Il va arriver la même chose pour la ou le prochain chef du PQ», a-t-il dit.

Le chef péquiste intérimaire est officiellement impartial face au choix du prochain leader, mais il est issu d’une famille politisée _ son père a été ministre sous René Levesque _ dont des membres immédiats gravitent aujourd’hui dans l’orbite de Québecor et de Pierre Karl Péladeau.

Le magnat des médias est l’un des aspirants pressentis à la succession de Pauline Marois. La candidature éventuelle de ce géant des affaires fait grincer des dents au sein de l’aile gauche du parti. D’autres noms circulent, entre autres Bernard Drainville, Jean-François Lisée, Martine Ouellet, Sylvain Gaudreault, Alexandre Cloutier et Véronique Hivon.