Coderre formule ses demandes au fédéral et rencontrera des chefs de partis

MONTRÉAL – Le maire de Montréal, Denis Coderre, a bien l’intention de rencontrer les chefs de partis dans le cadre de la présente campagne électorale fédérale — bien que le chef conservateur et premier ministre sortant Stephen Harper n’ait pas encore accepté l’invitation. En attendant, le maire a formulé des demandes totalisant 599 millions $ à l’endroit du gouvernement fédéral.

Ses principales demandes portent sur les infrastructures (77 millions $), le transport collectif (200 millions $) et le logement social et abordable (185 millions $).

Mais d’autres sujets s’ajoutent à ces priorités, comme les fêtes du 375e anniversaire de Montréal, le port de Montréal, les sites d’injection supervisée, un réinvestissement dans la société Radio-Canada, la révision de la décision de la Société des postes de mettre fin à la livraison du courrier à domicile et l’absence du péage sur le pont Champlain.

Les chefs des partis politiques ont reçu son «plan pour Montréal» et il attend maintenant des réponses, martelant que Montréal est «incontournable» au Canada.

Le maire Coderre a noté que dès jeudi, le chef libéral Justin Trudeau sera à Montréal. Il a d’ailleurs souligné que ce dernier avait dévoilé récemment un «ambitieux» plan d’investissements dans les infrastructures, afin de stimuler l’économie en ce contexte de récession technique. Or, M. Coderre revendique justement des investissements du fédéral dans les infrastructures montréalaises.

De même, le maire Coderre a parlé à quelques reprises au chef néo-démocrate Thomas Mulcair, qui le rencontrera incessamment aussi. D’ailleurs, M. Mulcair a répété mercredi ce qu’il avait déjà annoncé, à savoir qu’il restaurerait la livraison du courrier à domicile s’il est porté au pouvoir — un dossier cher au maire Coderre, qui conteste même devant les tribunaux la décision de Postes Canada.

De plus, le chef bloquiste Gilles Duceppe doit se présenter à l’hôtel de ville le 14 septembre. Quant à la chef du Parti vert, Elizabeth May, le maire Coderre a signalé qu’il l’avait déjà rencontrée au défilé de la fierté gaie et qu’ils avaient alors manifesté la volonté de se rencontrer de nouveau.

Il lui reste donc à rencontrer le chef conservateur Stephen Harper. «On a une bonne communication avec tout le monde. Évidemment, c’est le running gag, on attend les nouvelles de M. Harper, mais tout le monde se parle», a-t-il résumé.

Le maire Coderre a peaufiné une de ses demandes en matière de transport collectif, disant souhaiter un financement selon l’achalandage. Il a repoussé les critiques voulant que cela nuirait aux municipalités ayant une population moindre, affirmant qu’il ne s’agissait pas de dresser l’une contre l’autre, mais bien de mieux financer le transport collectif, qui est en grande demande à Montréal et aussi dans les banlieues.

Pour ce qui est du nouveau Fonds pour le transport en commun, annoncé dans le dernier budget fédéral, destiné à financer les infrastructures de transport en commun et qui exige que les projets soient réalisés en partenariat public-privé (PPP), M. Coderre a exprimé de fortes réserves.

«Moi je questionne ça. Je ne suis pas fermé, mais je pense que les mots flexibilité et équilibre doivent prendre tout leur sens. Je pense qu’il peut y avoir des enjeux où oui, le secteur privé peut embarquer. Il y a la réalité institutionnelle qu’il faut prendre en considération. La Caisse de dépôt et placement (qui a maintenant un mandat concernant les infrastructures), ce n’est pas privé, c’est institutionnel. Je ne mets pas tous mes oeufs dans le même panier en disant ‘tout le privé règle les dossiers’ ou ‘tout le public règle les dossiers’. Ce n’est pas le cas. Je remets en question le fait qu’on parle continuellement de PPP. Il faut qu’on nous prouve que ce n’est pas juste une formule magique», a affirmé le maire Coderre.

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