Comité des priorités: Couillard impose une cure minceur à la structure

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard a choisi de modifier la structure de pouvoir de son administration, en réduisant son comité des priorités à sa plus simple expression.

Par souci d’efficacité _ ou peut-être aussi pour centraliser le pouvoir dans un petit nombre de mains _ M. Couillard a décidé que ce comité ne compterait désormais que trois personnes, incluant lui-même.

Ce comité chargé de coordonner toute l’activité gouvernementale sera donc en fait un triumvirat qu’il dirigera, entouré de Jean-Marc Fournier et Lise Thériault.

M. Fournier, qui suivait pas à pas le chef libéral à titre de conseiller spécial durant la campagne électorale, confirme ainsi son statut d’homme fort du premier ministre, étant aussi leader parlementaire et ministre des Affaires intergouvernementales.

Mme Thériault confirme elle aussi qu’elle est dans les bonnes grâces du premier ministre. Déjà vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, elle ajoutera à ses titres celui de vice-présidente du comité des priorités.

En agissant de la sorte, M. Couillard se démarque de ses prédécesseurs.

En guise de comparaison, à l’époque de Jean Charest, le comité des priorités comptait 13 personnes.

L’ex-première ministre Pauline Marois avait quant à elle créé l’équivalent, avec un «comité des orientations stratégiques» qui comptait sept personnes.

Comme quoi les structures ne sont pas nécessairement une priorité du premier ministre, la composition des divers comités ministériels du gouvernement n’est pas encore connue une semaine après la formation du conseil des ministres.

Signe additionnel que les temps ont changé: lors du dernier remaniement de Jean Charest, en août 2010, la composition du comité des priorités et des comités ministériels avait été connue en même temps que la nouvelle donne du cabinet.

Normalement, les divers comités ministériels qui chapeautent les grandes missions de l’État (économique, sociale, éducative et législative, notamment) servent à coordonner et séquencer l’action gouvernementale.

En entrevue, le ministre Fournier a soutenu que le changement de formule ne signifiait pas pour autant une plus grande concentration du pouvoir au cabinet du premier ministre.

«Il y a trois membres d’office», a-t-il dit, mais d’autres ministres vont s’ajouter au besoin, «selon les dossiers».