Comment retracerait-on les contacts d’un patient atteint de l’Ebola au Canada?

OTTAWA – Les autorités sanitaires du Canada feraient face à grand défi si un premier cas d’Ebola se présentait au pays: il leur faudrait retracer tout le monde avec qui le patient a été en contact pour limiter la propagation du virus.

Ce dépistage des contacts, une sorte de travail de détective pour les professionnels de la santé, se fera seulement si une personne est sérieusement soupçonnée d’être atteinte du virus mortel, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à maintenant.

«Si nous avions des soupçons sérieux, nous commencerions à retracer ses contacts», déclarait la semaine dernière le docteur Gregory Taylor, administrateur en chef adjoint de la santé publique.

La première étape, donc, c’est le diagnostic. Pour savoir comment la maladie a pu se propager, il faut savoir à quoi on a affaire.

L’Ebola se transmet par les fluides corporels, ce qui signifie que toutes les personnes ayant été en contact avec le sang, le vomi ou tout autre fluide du patient doit être identifié. Le personnel de l’hôpital est donc un point de départ logique. Les infirmiers et autres employés qui ont accueilli, vu et traité le patient ont-ils été en contact avec ses fluides corporels? Si oui, ils devront commencer à surveiller leurs symptômes et prendre leur température deux fois par jour durant 21 jours, soit la durée d’incubation du microbe.

Ensuite, le patient, s’il est conscient bien sûr, est interrogé, parfois plusieurs fois, pour déterminer quand il a commencé à ressentir des symptômes et avec qui il a été en contact. Il pourrait aussi devoir fournir de l’information sur la façon de contacter ces gens.

Cette étape, précise le docteur Mark Loeb, un expert en maladies infectieuses de l’université McMaster, fonctionne mieux aux premières heures d’une éclosion, lorsqu’il n’y a qu’un ou quelques cas.

L’étape suivante consiste, pour les autorités de la santé, à appeler tous les gens qui ont été en contact avec le malade: membres de la famille, proches, professionnels de la santé, employés d’entreprise funéraire, techniciens de laboratoire qui ont manipulé les prélèvements suspects, quiconque ayant été en contact avec des surfaces de travail ou de l’équipement infectés.

«À partir du moment où quelqu’un reçoit un diagnostic positif, c’est une série de cercles concentriques», a illustré Gregory Taylor.

L’Agence de la santé publique du Canada ne recommande pas de mettre tous les proches d’un patient en quarantaine. Ils doivent d’abord surveiller de près leurs symptômes et leur température corporelle durant trois semaines. On leur déconseille de voyager à l’extérieur de leur ville pendant cette période.

La menace de propagation de la maladie diminue à mesure que les cercles s’élargissent, a poursuivi M. Taylor.

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