Contamination au mercure: l’Ontario entend l’appel des Premières Nations

TORONTO – L’Ontario demandera un réexamen des compensations qui devraient être versées aux résidants de deux Premières Nations qui souffrent toujours de problèmes de santé causés par un empoisonnement au mercure survenu il y a cinq décennies.

Le ministre des Affaires autochtones, David Zimmer, a déclaré mardi qu’il demanderait au gouvernement fédéral et à la Première Nation Wabaseemoong afin de procéder à un examen des décisions controversées du Conseil d’aide aux personnes souffrant d’incapacité due à la pollution au mercure.

Il a également indiqué que l’Ontario étudiera des options de traitement sur place plus importantes pour les résidants de la Première Nation de Grassy Narrows, dans le nord-ouest de la province, qui doivent actuellement parcourir de longues distances afin de recevoir une aide médicale.

Les eaux près de la localité de Grassy Narrows sont contaminées par du mercure depuis qu’une usine de papier y a déversé environ 10 tonnes de neurotoxines entre 1962 et 1970.

Le ministre Zimmer affirme avoir été ému pendant sa discussion de trois heures, dimanche, avec l’ancien chef de la Première Nation de Grassy Narrows Steve Fobister, qui souffre de troubles neurologiques causés par un empoisonnement au mercure, et qui demandait une réévaluation des compensations versées aux victimes.

M. Fobister avait amorcé une grève de la faim lundi; il a depuis indiqué qu’il mettrait fin à ce moyen de pression.

Le Conseil d’aide aux personnes souffrant d’incapacité due à la pollution au mercure, qui inclut les deux ordres de gouvernement, a été formé en 1985 après la conclusion d’une entente à l’amiable entre Grassy Narrows, les Nations indépendantes Wabaseemoong et Ottawa, l’Ontario et deux usines de papier.

La Première Nation de Grassy Narrows a révélé lundi qu’elle avait mis la main sur un rapport non dévoilé jusqu’ici et qui conclut que les critères du Conseil pour déterminer si une personne souffrait d’empoisonnement au mercure étaient basés sur des données scientifiques désuètes.

Le rapport, commandé par le Conseil lui-même en 2009, avait également déterminé «sans équivoque» que des citoyens de la localité d’environ 1600 personnes située près de Kenora, en Ontario, avaient bel et bien souffert de troubles neurologiques reliés au mercure.

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