Couillard maintient la ligne dure envers les syndicats du secteur public

QUÉBEC – Fête des travailleurs ou non, le gouvernement libéral maintient la ligne dure envers les syndicats du secteur public.

À la veille du 1er mai _ Journée internationale des travailleurs _ les leaders de quatre centrales syndicales (FTQ-CSN-CSQ-CSD) ont pris le petit déjeuner jeudi avec le premier ministre Philippe Couillard à Québec sans parvenir à le convaincre de jeter du lest.

Bien au contraire, le gouvernement a fait savoir qu’il ne «bougera pas» sur sa volonté d’atteindre l’équilibre budgétaire et de réinvestir les éventuels surplus dans les baisses d’impôt et la réduction de la dette, a relaté le président de la CSN, Jacques Létourneau, au terme de la rencontre.

«C’est un gouvernement qui a décidé d’aller à fond de train avec son agenda d’austérité, malgré les conséquences que cela peut avoir pour les travailleurs et la population en général, a déclaré M. Létourneau. C’est clair qu’à ce stade-ci, il n’y a pas de dialogue avec le gouvernement.»

La position du Conseil du trésor augure bien mal pour les représentants des 530 000 employés du secteur public qui réclament des hausses salariales de l’ordre de 4,5 pour cent par année, pour une convention collective d’une durée de trois ans.

Québec propose de son côté un gel de salaire sur deux ans, suivi d’une augmentation annuelle de 1 pour cent pour les trois années suivantes.

Loin d’afficher une ouverture, le gouvernement s’enferme dans une «logique d’affrontement», a soutenu M. Létourneau, évoquant des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève, possiblement à l’automne, si les négociations achoppent.

Pour le président de la CSN, le gouvernement de Philippe Couillard fait montre d’une intransigeance rarement vue dans l’histoire contemporaine des relations de travail au Québec, même sous le gouvernement de Jean Charest.

«Même sous M. Charest, il y avait un rapport de force qui s’installait dans la société et des réajustements qui étaient faits dans le programme gouvernemental alors que là, on a un gouvernement qui fonce à vitesse grand V comme un TGV vers l’atteinte du déficit zéro», a-t-il soulevé.

«Nous ce qu’on veut, c’est un dialogue social au lieu d’un dialogue de sourds. Moi ma lecture, c’est qu’on est encore dans un dialogue de sourds», a renchéri à ses côtés la présidente de la CSQ, Louise Chabot.

En point de presse, le premier ministre a rappelé que son gouvernement était «entièrement commis à l’équilibre budgétaire, au contrôle de la dette et à la réduction du fardeau fiscal». Le temps des largesses sur le dos des contribuables est terminé, a-t-il fait comprendre.

«Si on veut, par le dialogue, nous amener à dévier de notre intention d’équilibrer les finances publiques et de réduire la dette et le fardeau fiscal, il n’y aura pas de résultat, on arrivera à rien», a dit M. Couillard, ajoutant qu’il souhaitait toujours en arriver à un règlement négocié.

«Je n’ai rien contre le mouvement syndical comme tel, je pense que c’est une force importante dans notre société, mais le Québec doit vivre selon ses moyens, avec l’argent qu’il a, et je pense que les citoyens ont assez payé et ont besoin d’avoir de l’oxygène», a-t-il précisé.

Pour ce qui est de la rémunération des employés de l’État, M. Couillard renvoie la balle aux syndicats. Il leur demande de revoir l’organisation du travail de façon à permettre au gouvernement de dégager une certaine marge de manoeuvre pour les salaires.

«On est prêt à beaucoup de conversations et d’arrangements, notamment sur les questions entourant l’organisation du travail, la flexibilité nécessaire dans les conventions collectives qui pourraient nous donner un peu plus de marge de manoeuvre sur le plan de la rémunération. Mais les moyens du Québec sont ce qu’ils sont, on ne créera pas de l’argent neuf non plus», a-t-il prévenu.

Vendredi, diverses manifestations sont prévues un partout au Québec pour dénoncer «l’austérité» du gouvernement Couillard. À ce jour, près de 900 groupes sociaux de différents secteurs ont obtenu des mandats de grève pour la journée.