Le nouveau Plan Nord est moins ambitieux que sa version initiale

MONTRÉAL – Confronté à un cycle baissier du prix des métaux, le gouvernement Couillard a dévoilé mercredi la nouvelle mouture de son Plan Nord, dont les cibles sont presque deux fois moins ambitieuses que sa version initiale, présentée il y a quatre ans.

Ainsi, d’ici 2035, Québec prévoit des investissements totaux de 50 milliards $. En contrepartie, le gouvernement Couillard devrait injecter près de 2,7 milliards $, une somme qui devrait surtout être destinée à l’amélioration des infrastructures au nord du 49e parallèle.

«Les marchés changent par définition, a reconnu le premier ministre Philippe Couillard, au cours d’une conférence de presse à laquelle participait une dizaine de ses ministres, à Montréal. C’est ce qui nous a amenés à être plus conservateurs dans nos prévisions d’investissement.»

La version du Plan Nord mise de l’avant en 2011 par le gouvernement libéral de Jean Charest faisait état de son côté de retombées de 80 milliards $ étalées sur une période de 25 ans en plus de l’ajout de quelque 20 000 emplois.

Québec a par ailleurs dévoilé son plan d’action pour les cinq premières années, soit jusqu’en 2020. Un montant de 1,3 milliard $ de fonds publics sera allongé afin de financer des projets d’infrastructures, comme la construction ou l’amélioration de routes et d’écoles.

«Nous allons investir dans les principales infrastructures routières existantes, a expliqué le premier ministre. On ne fera pas un éventail de routes vers le Nord. On va choisir ce qu’il faut entretenir et développer.»

Environ un milliard de dollars devrait être consacré au développement d’infrastructures de transport comme les routes ainsi que les aéroports, dont près de 700 millions $ à deux projets jugés prioritaires sur la Côte-Nord, la réfection de la route 389 et le prolongement de la route 138.

Malgré la déprime des prix des métaux, M. Couillard a défendu la décision de son gouvernement, affirmant qu’elle visait à créer un climat «favorable aux investissements».

«Le déclic, c’est d’inviter les gens en leur disant qu’il y a un plan, a-t-il dit. Dans l’esprit des investisseurs que j’ai rencontrés à l’étranger, il n’y avait plus de plan depuis deux ans.»

Le dossier des redevances minières n’a toutefois pas été abordé en profondeur par Québec. Questionné sur le sujet en conférence de presse, le premier ministre s’est contenté de dire qu’il fallait un régime minier concurrentiel.

Sur les 50 milliards $ d’investissement d’ici 2035, une vingtaine de milliards devraient provenir d’Hydro-Québec, a indiqué M. Couillard. Les infrastructures devraient représenter 2 milliards $. Le reste devrait provenir du secteur minier.

D’après Québec, les 17 projets miniers actuellement exploités sur le territoire de 1,2 million de kilomètres carrés couvert par le Plan Nord devraient engendrer des investissements de 22 milliards $, créer plus de 10 000 emplois au cours de la phase de construction en plus d’en générer 9730 pendant la période d’exploitation.

Le document présenté par le gouvernement Couillard aborde également le dossier des communautés autochtones au nord du 49e parallèle, qui devraient recevoir de l’aide ainsi que des emplois générés par les projets.

«Des projets novateurs permettront de produire de l’énergie éolienne, en la couplant à des sources énergétiques comme la biomasse et le gaz naturel, afin d’assurer à ces collectivités une puissance suffisante en tout temps», a observé le ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord, Pierre Arcand.

Devant des représentants de communautés autochtones, M. Couillard a affirmé que ces derniers étaient des «partenaires précieux» et «essentiels» pour le développement de la province, ajoutant que le Plan Nord était pour eux une «occasion exceptionnelle».

Selon le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, les montants d’argent que les communautés autochtones obtiendront grâce au Plan Nord devraient leur permettre de mettre de l’avant des projets de développement économique, de tourisme ou de formation professionnelle.

Tous les ministres ayant accompagné M. Couillard ont expliqué leur mandat respectif vis-à-vis le Plan Nord.

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