Couillard souhaite tenir une rencontre avec Trudeau le plus tôt possible

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard souhaite redonner un nouvel élan à la relation Québec-Ottawa, en planifiant le plus tôt possible une rencontre en tête-à-tête avec le premier ministre Justin Trudeau.

Lors d’une mêlée de presse, jeudi matin, en marge de la rencontre quotidienne du caucus libéral, M. Couillard n’avait que de bons mots pour le nouveau cabinet fédéral formé mercredi.

Il espère que la rencontre aura lieu avant Noël. Une prise de contact a déjà eu lieu entre les deux cabinets, mais aucune date n’a encore été fixée.

De toute façon, les deux premiers ministres vont se croiser à Paris, début décembre, pour la conférence COP21 des Nations unies sur les changements climatiques.

«Ça devrait normalement se tenir avant Noël», a-t-il dit.

Loin de s’offusquer du choix du premier ministre Trudeau de ne pas désigner de lieutenant québécois, M. Couillard y voit l’occasion pour le gouvernement du Québec d’avoir «une liaison directe» avec le chef du gouvernement fédéral, qui s’est réservé de surcroît le portefeuille des Affaires intergouvernementales.

Il dit sentir chez son nouvel homologue fédéral un «désir de modifier positivement le climat des relations fédérales-provinciales. Je veux certainement m’inscrire dans ce courant-là».

Selon M. Couillard, les premières décisions du premier ministre Trudeau semblent indiquer «un désir de sa part d’être très près de cet enjeu et de faire en sorte que, concrètement, les questions fédérales-provinciales avancent».

M. Couillard décode des choix faits par M. Trudeau une volonté réelle de s’impliquer personnellement pour régler les dossiers en litige entre les deux capitales.

Parmi les dossiers «plus pressants» qui retiendront l’attention des deux chefs de gouvernement à court terme, M. Couillard en a énuméré quatre: le financement de la production des avions CSeries de Bombardier, le déversement des eaux usées de Montréal, l’enquête promise sur les femmes autochtones et la lutte aux changements climatiques.

Le cabinet Trudeau comptera six ministres en provenance du Québec.

«J’accueille très favorablement la formation de ce conseil des ministres», a dit M. Couillard, en concluant que «le Québec revient en force, en position de force» à Ottawa.

Dans une lettre expédiée le 21 août par M. Trudeau au premier ministre Couillard, en réponse à la demande de ce dernier aux chefs de parti de se commettre sur les revendications du Québec durant la campagne électorale, le chef du PLC avait pris plusieurs engagements, dont celui de respecter les compétences des provinces.

M. Trudeau s’est aussi engagé à tenir une rencontre annuelle avec tous les premiers ministres des provinces et territoires.

Il dit dans sa lettre reconnaître «le caractère unique de la société québécoise» et ses responsabilités quant à la promotion de la langue française et de sa culture.

Une des principales revendications de Québec a trait à une révision de la méthode de calcul du financement des soins de santé. En clair, Québec insiste pour voir Ottawa augmenter substantiellement ses transferts en santé.

M. Trudeau a promis de planifier une rencontre fédérale-provinciale sur ce sujet, qui risque de se transformer en pomme de discorde si les sommes d’argent en jeu ne sont pas jugées suffisantes par Québec.

D’ici mars, le gouvernement fédéral devrait tenir une autre conférence des premiers ministres destinée à fixer un plan d’action contre les changements climatiques, à la suite de la conférence de Paris, en décembre.

Quant au processus de nomination des juges de la Cour suprême, Ottawa devrait désormais se montrer plus respectueux des provinces, dont le Québec, écrivait M. Trudeau.

Les libéraux fédéraux se sont aussi engagés à refinancer Radio-Canada.