Coupes de 50 postes à l’international: la tête de Christine St-Pierre réclamée

QUÉBEC – La ministre Christine St-Pierre n’est plus digne d’assurer le rayonnement du Québec à l’étranger, selon l’opposition péquiste, qui réclame sa tête.

La Presse Canadienne rapportait dimanche que la ministre des Relations internationales procédait cette année à une réorganisation du réseau de représentation du Québec à l’étranger, se traduisant à terme par l’abolition de 50 postes, soit près du quart du total.

La porte-parole péquiste sur les questions internationales, la députée Carole Poirier, juge ce scénario inacceptable et contraire à la démarche entreprise par le Québec ces 50 dernières années.

Elle en conclut que Mme St-Pierre n’est visiblement plus en mesure de défendre la place du Québec dans le monde autour de la table du conseil des ministres.

«Je me demande pourquoi elle est encore là. Parce que si elle n’est pas capable de défendre son ministère, qu’on en mette un autre. Elle n’est pas la bonne personne. Elle n’est pas à la bonne place», a-t-elle tranché lors d’un entretien téléphonique lundi.

Selon Mme Poirier, la ministre St-Pierre «n’est pas capable de défendre son ministère. Elle n’est pas capable de protéger les acquis et surtout de défendre les personnes qui sont sur le terrain».

Elle ajoute que la ministre «sacrifie ces personnes-là (dont le poste sera coupé) au nom de l’austérité de son gouvernement».

De son côté, l’opposition caquiste, elle aussi mécontente de la révision à la baisse du personnel québécois en poste à l’étranger, va réclamer au leader du gouvernement un mandat d’initiative forçant la ministre St-Pierre à rendre des comptes et à expliquer son plan de réorganisation du réseau de représentation du Québec à l’étranger.

En entrevue téléphonique, le député caquiste Benoit Charette a dit craindre la perte d’expertise et les coûts engendrés lorsque viendra le temps de rebâtir le réseau de représentation du Québec autour du monde. La ministre doit venir «s’asseoir et s’expliquer sur ses orientations», a-t-il fait valoir.

D’ici la fin de l’année, la diplomatie québécoise aura été amputée de 50 des 208 postes de fonctionnaires présents dans l’ensemble des délégations générales, délégations, bureaux et antennes autour du globe.

Le nombre de postes coupés a été confirmé par le cabinet de la ministre St-Pierre, qui avait promis en mars un grand ménage, sans en préciser l’ampleur.

En huit ans, de 2007 à 2015, son ministère aura littéralement fondu, perdant 144 postes, alors que le nombre d’employés à temps complet est passé de 576 à 432.

Selon Mme Poirier, le message du gouvernement Couillard en ce domaine consiste à faire reculer le Québec pour laisser toute la place au Canada sur la scène internationale.

«C’est comme si le fait d’être sur le terrain, ce n’est plus important. Laissons le Canada être sur le terrain pour nous représenter avec les valeurs canadiennes et pas les nôtres. C’est inquiétant», selon elle.

Elle y voit aussi une conséquence directe des politiques budgétaires du gouvernement, centré sur le déficit zéro durant l’année en cours.