Daniel Ratthé devra trouver refuge ailleurs qu’au PQ, tranche le whip

QUÉBEC – Le député indépendant de Blainville, Daniel Ratthé, est persona non grata au Parti québécois (PQ) tout comme à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le whip en chef péquiste, Marjolain Dufour, a signifié jeudi que M. Ratthé devra se trouver une autre bouée de sauvetage s’il veut conserver son siège dans la circonscription de Blainville à la prochaine élection.

À la sortie d’une réunion du caucus, M. Dufour a fermé à double tour la porte à un retour de M. Ratthé dans le giron du PQ.

«M. Ratthé a fait un choix dans sa vie alors il aura à respecter son choix et à assumer les responsabilités qu’il a prises quand il a choisi de quitter. C’est ce que je vais lui dire ce matin (jeudi)», a lancé le whip avant d’ajouter, «la porte est effectivement fermée».

Devant l’imminence du déclenchement des élections, M. Ratthé a tendu une perche mercredi, affirmant qu’il serait «prêt à écouter» si le Parti québécois lui proposait de revenir.

Loin d’ouvrir les bras, la plupart des ministres et députés péquistes rencontrés dans les corridors de l’Assemblée nationale ont soit haussé les épaules, soit pouffé de rire lorsqu’ils ont appris que M. Ratthé voulait réintégrer le parti pour lequel il a été élu en 2008.

La carrière politique de M. Ratthé jusqu’ici a été pour le moins cahoteuse.

Expulsé du caucus par Pauline Marois en 2011 _ il avait remis en question le leadership de la chef péquiste et entrepris des pourparlers discrets avec François Legault _ M. Ratthé s’est fait réélire en 2012 sous les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Mais la formation de François Legault lui a montré la porte à son tour au printemps 2013 _ pour une période indéfinie _ le temps qu’il dissipe les doutes soulevés par des allégations de financement illégal dans la campagne à la mairie de Blainville en 2005.

À l’instar du PQ, la CAQ ne veut plus rien entendre de M. Ratthé. Selon le député Jacques Duchesneau, M. Ratthé n’a jamais été en mesure de fournir des réponses aux allégations dont il a été la cible.

«On a eu des rencontres, même il y a deux semaines, puis on n’a pas eu ces réponses-là», a relaté M. Duchesneau.

«Il ne nous a jamais donné soit une preuve testimoniale, (soit) une preuve documentaire qui nous aurait permis de changer la décision. (…) Il ne pouvait pas donner de réponse. Alors, d’où vient l’argent? Comment l’argent a été dépensé? Quelles sont les personnes qu’il a rencontrées? Nous autres, on ne pouvait tout simplement pas rester insensibles à l’allégation qui a été faite», a-t-il poursuivi.

Pour la CAQ, le chapitre est clos.

«On s’en tient à la décision prise à l’époque», a tranché le député de Saint-Jérôme.

Le principal intéressé a tenu un impromptu de presse en fin d’avant-midi jeudi pour défendre son intégrité et confirmer son intérêt pour le Parti québécois. Il a reproché au chef de la CAQ, François Legault, de l’avoir sacrifié sur l’autel des apparences sans respecter la présomption d’innocence. Il a rappelé qu’il n’avait pas été accusé de quelque crime que ce soit.

En ce qui concerne le Parti québécois, il a dit avoir commis une erreur en mettant en doute les capacités de leadership de Mme Marois.

«Elle a quand même un leadership. Peut-être que je n’ai pas pu, à l’époque, lui reconnaître sa juste valeur. J’ai fait probablement une erreur de jugement basée sur des circonstances exceptionnelles et probablement sur mon expérience, qui n’était pas si grande que ça dans le domaine de la politique nationale», a-t-il laissé tomber.

Le refus sans équivoque du whip péquiste de l’accuellir de nouveau au sein du caucus n’a pas complètement dissipé ses espoirs.

«Si on me fait une offre, je vais la regarder de façon très sérieuse, évidemment que je vais l’analyser», a-t-il dit.