Bombardier: les libéraux constatent que l’emploi demeure en hausse malgré tout

QUÉBEC – Tout en déplorant la perte de 1000 emplois chez Bombardier Aéronautique, les libéraux ont estimé jeudi que ces mises à pied ramènent le nombre de postes à son niveau historique.

En Chambre le premier ministre Philippe Couillard a expliqué que l’entreprise compte malgré tout plus d’employés qu’il y a huit ans.

«Ce qui arrive à Bombardier, c’est que la division d’avions d’affaires, dans laquelle il y avait des achats importants de Russie et de Chine, voit sa production revenir à des niveaux plus conformes avec l’historique de la compagnie, a-t-il dit. Il y a quand même aujourd’hui plus d’employés à Bombardier qu’il y en avait avant la grande crise financière de 2008-2009.»

M. Couillard, qui s’est dit «préoccupé pour les travailleurs», a attribué aux tendances du marché la décision de l’entreprise de faire des compressions dans son programme d’avions d’affaires Global.

«Ça tient compte de la fluctuation des marchés internationaux, et là-dessus il faut prendre acte de cette tendance-là», a-t-il dit.

À Ottawa, le ministre des Finances, Joe Oliver, a affirmé que les mises à pied de Bombardier ne permettent pas de conclure que les incitatifs fiscaux du fédéral sont insuffisants.

«Ce sont des choses qui arrivent dans le secteur privé de temps en temps, a-t-il dit à des journalistes à la Chambre des communes. C’est évidemment triste pour les employés mais on va continuer à soutenir ce secteur important de l’industrie.»

Jeudi, Bombardier Aéronautique a annoncé la suppression de près de 1750 postes, dont 1000 à Montréal, en raison d’une baisse des commandes de ses avions Global 5000/6000.

À l’Assemblée nationale, en réponse à l’opposition qui critiquait le manque de vision du gouvernement pour le secteur manufacturier, le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, a insisté sur le fait que 3500 emplois ont été créés chez Bombardier Aéronautique depuis 2007.

«Quand on aura baissé de 1000, on aura encore une croissance nette de 2500 emplois, a-t-il dit. Alors, dire que le secteur manufacturier ne performe pas, je pense que ce n’est pas tout à fait le cas.»

Lors d’un point de presse précédant la période des questions, M. Daoust a expliqué que le gouvernement a l’intention de soutenir financièrement l’entreprise avec la CSeries.

«Actuellement, avec Bombardier, j’ai certaines discussions, mais on n’a pas de chiffres précis, a-t-il dit. On a des discussions de positionnement.»

Porte-parole en matière d’économie, le député péquiste Pierre Karl Péladeau a attribué les mises à pied de Bombardier à la décision des libéraux de réduire les crédits d’impôts aux entreprises du secteur.

«C’est pour le Québec un facteur d’exportation extrêmement important, ça nous permet d’avoir une balance commerciale qui est moins négative, et qui justement permet des emplois de grande qualité et bien rémunérés», a-t-il dit.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a affirmé que le gouvernement doit agir, d’autant plus que, depuis un an, le secteur manufacturier a perdu 30 000 emplois au Québec.

«Actuellement on a un gouvernement qui est en réaction, qui attend, qui observe mais qui n’agit pas, contrairement à tous les gouvernements dans le monde qui mettent l’emphase sur le manufacturier et les emplois de qualité, a-t-il dit. Ça prend un plan, ça presse.»

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Sam Hamad, a affirmé que le gouvernement a l’intention d’aider les travailleurs de Bombardier touchés par les compressions.

M. Hamad a expliqué que le gouvernement pourrait alléger les obligations de l’entreprise envers les régimes de retraite de ses employés pour étaler ses engagements financiers sur une plus longue période lorsque des déficits actuariels doivent être comblés.

«On va essayer de mettre un contexte favorable pour que les entreprises soient plus productives», a-t-il dit.