Des attaques contre des soldats ici sont envisageables, dit un militaire

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU, Qc – Il est tout à fait concevable que des gens s’en prennent aux soldats canadiens au pays comme à l’étranger, a déclaré un militaire à quelques pas du lieu où deux de ses collègues ont été happés lundi, dont un mortellement.

Le lieutenant-colonel Stéphane Dubois était en uniforme militaire mardi, même si deux soldats semblent avoir été la cible d’une attaque la veille, dans un stationnement de Saint-Jean-sur-Richelieu, à proximité d’un centre de recrutement des forces armées.

À quelques mètres du lieu où deux soldats ont été heurtés par un véhicule, là où le sol porte encore les traces de peinture rose au sol, marqué pour les fins de l’enquête, il a dit porter son uniforme car il doit faire son travail, «pour que les gens puissent dormir tranquilles».

«La sécurité ne peut jamais être tenue pour acquise», a-t-il fermement répété.

Malgré cela, le lieutenant-colonel a dit ne pas craindre qu’une autre attaque semblable se reproduise contre des soldats à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Le suspect dans cette affaire se serait récemment converti à l’Islam et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a affirmé qu’il s’était fait confisquer son passeport pour éviter qu’il ne se rende à l’étranger afin de combattre aux côtés des djihadistes.

M. Dubois souligne par ailleurs que des attaques contre des militaires se produisent un peu partout dans le monde, et que cela a juste pris un peu plus de temps avant que cela n’arrive au Canada. Il a cité en exemple des attaques contre des militaires en Angleterre. L’an dernier, un soldat a été tué à Londres par deux islamistes qui ont foncé vers lui avec une voiture et l’ont ensuite attaqué avec un couteau.

«C’est une réalité qu’on va s’en prendre à nous, ici comme ailleurs», a déclaré Stéphane Dubois.

Après 28 ans dans les forces armées, M. Dubois se dit plus que convaincu que son rôle est nécessaire. Il n’a pas voulu commenter si l’attaque de lundi remettait en cause la mission du Canada contre le groupe armé État islamique, car il juge que le lien entre la participation du pays et les événements de la veille dans la ville québécoise ne sont que spéculation pour le moment. «Et puis, c’est une décision du gouvernement pour le bien-être des Canadiens», a-t-il précisé.

Le chef d’état-major Tom Lawson avait déjà averti que le personnel militaire au Canada pourrait être en danger en raison de la décision d’Ottawa d’envoyer des troupes en Irak.

Lorsque le premier contingent de soldats a quitté le pays la semaine dernière, des autorités militaires ont interdit aux médias d’identifier les soldats, par peur qu’ils ne soient des cibles.

Le suspect dans cette affaire, Martin Couture-Rouleau, 25 ans, de Saint-Jean-sur Richelieu, a été abattu lundi par la police.

Les plus populaires