Des Canadiens sont en compétition pour réaliser le «tricordeur» de «Star Trek»

TORONTO – Il y a près de 50 ans, les téléspectateurs ont découvert un gadget futuriste très pratique dans la série «Patrouille du cosmos» (Star Trek): le «tricordeur», qui pouvait mesurer les signes vitaux d’un patient et diagnostiquer des maladies simplement en le passant au-dessus du corps.

Aujourd’hui, une entreprise canadienne et 20 autres équipes de partout dans le monde se font la lutte pour remporter la compétition «XPrize», dotée d’une bourse totale de 10 millions $ US, en tentant de répliquer le «tricordeur» du Dr McCoy — «et au mépris du danger, avancer vers l’inconnu».

Le prototype présenté par l’équipe Cloud DX, de l’entreprise torontoise d’appareils médicaux Biosign, est basé sur un produit existant appelé «Pulseware», un moniteur porté au poignet qui surveille la pression artérielle, le rythme cardiaque, en plus de mesurer le rythme respiratoire. Les informations de cet appareil alimenté par USB apparaissent sur un petit écran d’ordinateur.

«Pour le XPrize, cependant, le but est véritablement d’obtenir quelque chose de beaucoup plus mobile, de bien plus puissant», indique le médecin chef Sonnu Kohli. «Nous utilisons donc la plateforme actuelle et la faisons évoluer, pour ensuite la présenter en compétition.»

Le Dr Kohli, qui travaille à l’urgence d’un hôpital en banlieue de Toronto, ajoute que l’équipe Cloud DX travaille également à la conception d’une composante servant de «laboratoire médical maison», et qui pourrait analyser le sang, l’urine et la salive.

Le but de la compétition de tricordeur, commanditée par la Fondation Qualcomm, est de créer un «médecin de poche» léger et portable qui permettrait aux consommateurs de vérifier leurs signes vitaux et diagnostiquer un ensemble de 15 maladies, dont le diabète de type 2, les infections urinaires, le taux élevé de cholestérol ou encore le VIH. L’appareil permettrait aussi de prendre des mesures importantes: pression artérielle, rythme et variations cardiaques, température, respiration et saturation en oxygène.

«L’intégration de ces technologies dans un appareil portable permettrait éventuellement de le vendre directement aux consommateurs», explique Grant Campany, l’un des directeurs de la Fondation XPrize, de Los Angeles.

En août, après avoir examiné les spécifications fournies sur papier par les 21 équipes, la fondation à but non lucratif ramènera le tout à une dizaine de concurrents, qui devront ensuite soumettre des prototypes à des fins de tests sur de véritables patients.

«L’équipe gagnante sera celle dont la technologie permettra de diagnostiquer le mieux une série de maladies, sans l’aide de professionnels de la santé ou d’installations spécialisées, et qui soit la plus conviviale pour l’utilisateur», précise la fondation sur son site Internet. Un tel instrument pourrait aussi être employé par les professionnels de la santé dans des régions aux ressources médicales limitées, ajoute M. Kohli.

«Un appareil portable pouvant être combiné à votre téléphone ou votre tablette devient très utile dans des endroits éloignés», poursuit le médecin, estimant que les gens s’étant portés volontaires pour se rendre en Haïti après le séisme de 2010 auraient pu bénéficier d’un tel outil. «Vous pouvez imaginer l’utiliser dans des endroits à faible revenu, des zones de catastrophes, en vol ou sur un bateau — partout où les appareils traditionnels ne sont pas disponibles.»

Trois équipes se partageront le gros lot — 7,0 millions $ US seront remis au gagnant, puis 2,0 millions $ US au deuxième, et 1,0 million $ US au troisième.

Si l’équipe canadienne l’emporte, le Dr Kohli soutient que les fonds seront consacrés au développement commercial de l’appareil, l’un des seuls gadgets, selon lui, imaginés par le créateur de «Patrouille du cosmos» et qui n’est pas devenu réalité.

«Quand vous regardez la vieille télésérie, vous voyez qu’ils avaient saisi le concept du téléphone cellulaire, d’Internet (…) et qu’ils avaient le tricordeur. Donc, toutes les visions de Gene Roddenberry ont été réalisées, sauf le tricordeur.»

Le gagnant du concours doit être annoncé en septembre 2015, mais selon M. Campany, la fondation pourrait attendre jusqu’en 2016 afin que le tout coïncide avec le 50e anniversaire de la genèse de tous les «Star Trek», en 1966.

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