Transfuges péquistes: Legault se défend d’avoir suscité des attentes

BROMONT, Qc – Le chef caquiste François Legault s’est défendu d’avoir suscité des attentes, mardi, concernant d’éventuels transfuges du Parti québécois qui viendraient grossir ses rangs.

Lors d’une réunion de ses députés amorcée lundi, M. Legault a confié qu’il aurait préféré ne pas avoir à révéler que des députés péquistes songeaient à rejoindre son groupe parlementaire.

Le chef caquiste a expliqué qu’il s’était «senti obligé de dire la vérité» parce qu’une question à ce sujet lui a été posée.

Lors d’une conférence de presse, M. Legault n’a donné aucune précision supplémentaire sur les discussions entretenues avec des élus péquistes qui réfléchissent à rejoindre la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Dire qu’il y a des députés du PQ qui sont en réflexion, ce n’est pas idéal pour eux autres mais en même temps, on m’a posé la question, j’ai dit la vérité», a-t-il dit.

La semaine dernière, le chef caquiste avait expliqué que des échanges avaient été amorcés à l’occasion du congé des fêtes avec des péquistes. Aucune information sur leur nombre ou l’échéancier n’avait été avancée.

«Il y a eu des contacts, il y a des gens en réflexion et je ne peux pas vous en dire plus que ça», a-t-il répété mardi.

«Si un député décide de passer du PQ à la CAQ on va vous l’annoncer, mais on ne commencera pas à vous annoncer qui est peut-être en train de penser à (ça)», a-t-il dit.

Plus tôt, le leader parlementaire François Bonnardel, bras droit du chef caquiste, a affirmé qu’il ne connaissait pas l’identité des transfuges potentiels, ce que M. Legault a minimisé.

«Peut-être qu’il y a d’autres députés aussi qui n’étaient pas au courant, a-t-il dit. Ce ne sont pas des discussions où nous sommes 20 députés qui rencontrons chaque député du PQ, ça ne se passe pas de même.»

M. Legault a affirmé qu’en plus du recrutement d’élus péquistes, son objectif est également de recueillir les appuis des électeurs qui votent pour le PQ.

«J’ai créé des attentes depuis le mois de novembre en disant qu’il fallait rassembler les nationalistes pour faire face au monopole libéral. Je n’en ai pas plus créé en disant ça», a-t-il affirmé.

De son côté, le député caquiste Marc Picard a assuré que des députés du Parti québécois sont insatisfaits de leur chef Pierre Karl Péladeau.

M. Picard a soutenu qu’il a reçu des confidences de membres du caucus péquiste qu’il n’a pas voulu identifier.

«C’est ce qu’on sent, que des députés du Parti québécois sont insatisfaits de M. Péladeau, a-t-il dit. Il y a des députés qui m’ont fait certaines confidences, mais je ne peux pas vous les dire.»

Se défendant d’alimenter les rumeurs, Nathalie Roy a affirmé que la grogne et l’insatisfaction étaient palpables dans les rangs péquistes.

«Je ne partirai pas de rumeurs, je ne partirai pas d’histoires, mais on sent la grogne et des gens nous parlent et ils sont très insatisfaits», a-t-elle dit.

M. Bonnardel a estimé que M. Péladeau éprouve des difficultés qui suscitent des questions dans son caucus.

«Je ne suis pas capable d’en nommer, mais je sais que beaucoup de gens se questionnent, a-t-il dit. La situation, au Parti québécois, est difficile en ce début d’année, dans les conditions où M. Péladeau a l’épiderme sensible depuis le début de l’année 2016.»

Bien qu’un conseiller péquiste se soit récemment joint à la CAQ tout en demeurant indépendantiste, M. Bonnardel a rappelé que l’option d’un référendum n’est pas au menu.

«Que le gars ou la fille ait encore en tête d’être souverainiste, nous on a mis ça de côté, pour de bon», a-t-il expliqué.

M. Bonnardel a ouvert la porte à tous les nationalistes, même ceux plus à gauche qui militeraient à Québec solidaire.

«Pour nous, les nationalistes de centre-droit, les libéraux, le Parti québécois, ils sont bienvenus dans notre formation politique», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, la CAQ a proposé de baisser de 500 $ les impôts des contribuables dont la rémunération est de moins de 150 000 $, une opération que M. Legault juge nécessaire pour stimuler la consommation.

Cette mesure, dont le coût est estimé à 1,7 milliard $, serait rendue possible dès avril prochain en réduisant les versements destinés à réduire la dette dans le cadre du programme du Fonds des générations.

Au lieu d’un versement de 2,2 milliards $, seulement 500 millions $ iraient dans le fonds, tandis que le reste de ce surplus servirait à des réductions d’impôts.

«Ce n’est pas normal qu’on soit le seul État dans le monde, en période de ralentissement économique, à faire des surplus», a-t-il dit.

M. Legault a évalué que 1 milliard $, sur les 1,7 milliard $ injectés en baisses d’impôt, iraient dans la consommation, qui compte pour 60 pour cent du produit intérieur brut du Québec.

Le chef caquiste n’a pas précisé de combien le PIB augmenterait grâce à cette stimulation.

«Actuellement, les Québécois sont étouffés par les taxes, les impôts et les tarifs, il faut leur donner de l’oxygène si on veut relancer l’économie du Québec», a-t-il dit.

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