Des députés du NPD auraient-ils abusé de leur bureau de circonscription?

OTTAWA – Le Nouveau Parti démocratique, déjà accusé d’avoir payé du personnel politique avec des fonds publics, est maintenant soupçonné d’avoir utilisé des bureaux de députés dans les circonscriptions pour mener des activités partisanes.

Des dizaines de députés néo-démocrates ont utilisé leur bureau officiel de circonscription, payé par les contribuables, comme quartier général pour de vastes offensives de porte-à-porte afin, disent-ils, de rencontrer leurs commettants et discuter des grands enjeux.

Mais les conservateurs et les libéraux soupçonnent que cette campagne vise plutôt à faire connaître le député néo-démocrate sortant et à faire du «pointage» en vue des prochaines élections générales, prévues le 19 octobre. Et ce faisant, disent-ils, les néo-démocrates pourraient bien avoir violé les règles parlementaires, qui interdisent toute activité partisane dans les bureaux de circonscription des députés, notamment les activités liées à leur réélection.

Les députés néo-démocrates sont déjà accusés d’avoir utilisé des ressources parlementaires pour des envois massifs de lettres partisanes aux électeurs et pour le salaire du personnel politique qui oeuvrait dans des «bureaux satellites» du parti — à Montréal, Québec et Toronto.

Le Bureau de régie interne du Parlement a ordonné aux députés visés de rembourser une somme totale de près de quatre millions $, alors que les néo-démocrates se disent victimes de l’attaque concertée des conservateurs et des libéraux qui siègent au comité tripartite. Le NPD conteste d’ailleurs devant les tribunaux la décision du Bureau de régie interne.

Pour ce qui concerne l’utilisation des bureaux de circonscription, le député conservateur Randy Hoback a estimé que le Bureau de régie interne devrait «certainement» se pencher sur cette affaire, nouvelle preuve, selon lui, que les néo-démocrates se moquent des règles.

M. Hoback admet que lorsqu’un député rencontre ses commettants, il fait la promotion — directement ou indirectement — de son parti et manifeste son espoir d’être réélu. Mais le bureau de circonscription, qui reçoit tous les citoyens — et pas seulement les partisans — doit demeurer un espace neutre, a-t-il souligné.

Ainsi, lors du déclenchement des élections, le député sortant doit établir son quartier général de campagne ailleurs que dans son bureau de circonscription.

Or, une aura partisane semble effectivement flotter sur l’offensive de porte-à-porte du NPD: en octobre et en février derniers, 54 députés ont donné à leurs bénévoles l’adresse de leur bureau de circonscription comme point de ralliement pour le blitz à pied. Et au moins un autre député néo-démocrate, Mike Sullivan, a utilisé son bureau de circonscription à Toronto plus tôt ce mois-ci comme point de ralliement pour l’autocar qui devait emmener des militants à un événement en compagnie du chef Thomas Mulcair.

Un haut responsable du NPD a rétorqué qu’il serait absurde de ne pas inviter les bénévoles, en plein hiver, à entrer prendre un café au bureau de circonscription du député avant de partir en blitz de porte-à-porte.

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