Des élus montent aux barricades à l’approche d’un rassemblement de Pegida Québec

MONTRÉAL – Une manifestation organisée par le groupe Pegida Québec provoque des remous à Montréal, à Québec et à Ottawa.

Le rassemblement doit avoir lieu samedi dans la métropole, plus précisément dans un secteur désigné comme étant le «Petit Maghreb».

Il s’agira de la toute première action orchestrée par ce groupe inspiré des «Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident» (Pegida), dont l’objectif est de mettre un frein à la prétendue islamisation de la province.

Le conseiller municipal de Projet Montréal Sylvain Ouellet a dénoncé la tenue de l’événement.

Après avoir reconnu que le «droit de manifester est garanti par la Charte des droits et libertés», M. Ouellet a poursuivi en faisant valoir que «l’incitation à la haine est non seulement illégale, mais inacceptable».

Son collègue Guillaume Lavoie a abondé dans le même sens et a ouvertement cherché à convaincre ses concitoyens de se tenir loin de Pegida Québec.

«J’invite les Montréalais à tourner le dos à cette organisation xénophobe», a-t-il martelé.

La porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, ne s’est guère montrée plus tendre à l’égard des membres de ce groupe.

«Les prêcheurs de haine n’ont pas leur place» dans la province, a écrit Mme David dans un communiqué de presse.

La représentante de Gouin à l’Assemblée nationale a noté qu’«en Allemagne, Pegida attise (déjà) les tensions entre les communautés et alimente la peur de l’Autre».

L’indignation a également gagné la colline du Parlement à Ottawa.

Le député néo-démocrate de Rosemont—La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, a dénoncé «la manifestation raciste» prévue durant la fin de semaine, la qualifiant de «dérive».

Il a soutenu que ce rassemblement ne manquera certainement pas «d’attiser l’intolérance» envers les musulmans.

«Ça va carrément pointer du doigt (les fidèles d’)une religion, (les membres d’)une communauté pour leur dire: »Vous n’êtes pas les bienvenus. On ne vous aime pas. Vous devriez aller ailleurs ». C’est contraire à toutes les valeurs québécoises […]. On ne veut pas d’un tel discours chez nous», s’est-il exclamé.

M. Boulerice ne considère pas pour autant que l’événement devrait être déclaré illégal.

«On peut détester les propos que des gens vont tenir, mais tout de même défendre le droit pour eux de les exprimer», a-t-il précisé.

Jeudi en fin d’après-midi, les instigateurs de l’initiative n’avaient pas encore donné suite aux demandes d’entrevue de La Presse Canadienne.

Ils avaient, par contre, contacté le Service de police de la Ville de Montréal pour fournir un itinéraire de la manifestation.

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