Des facteurs démographiques causeront une hausse des cas de cancer d’ici 2030

TORONTO – Le nombre de nouveaux cancers diagnostiqués au Canada augmentera de 40 pour cent d’ici 2030, prédit la Société canadienne du cancer dans un rapport publié mercredi.

A première vue, cette projection semble alarmante.

Toutefois l’organisme nuance son propos en attribuant cette hausse à des facteurs démographiques. Le risque d’attraper ce fléau n’augmentera pas nécessairement.

La majorité des cancers sont diagnostiqués chez des personnes âgées entre 50 et 79 ans. La génération des baby boomers fait maintenant partie de cette catégorie d’âge. De plus, la croissance de la population contribuera à l’augmentation du nombre de cancers.

Selon le directeur-adjoint, Politiques de lutte contre le cancer, de la Société, Robert Nuttall, cette prévision reflète le fait suivant: les Canadiens vivent plus vieux. Si plus de gens souffriront d’un cancer au cours des prochaines années, la proportion de Canadiens atteints par une forme de cette maladie ne changera pas.

Si on se fie à ces prévisions, le risque de mourir d’un cancer ne grimpera pas non plus. Des meilleurs traitements et des programmes de dépistages permettant de découvrir plus tôt certaines formes de cancer ont permis de diminuer le pourcentage des cas fatals de la maladie.

Pour la Dre Evan Grunfeld, de l’Institut de la recherche sur le cancer de l’Ontario, les gens doivent plutôt se préoccuper davantage du système de santé au pays. Pourra-t-il faire face à l’augmentation du nombre de cas ?

«Le risque d’attraper un cancer ne changera pas. Ce qu’on veut savoir, c’est si on attrape cette maladie, pourrons-nous avoir accès à un médecin de famille avec qui on pourra parler des symptômes, qui amorcera le plus rapidement possible un bilan diagnostique, qui donnera un traitement et qui amènera le plus rapidement possible son patient à la phase de survie», a-t-elle dit.

«Si nous ne sommes pas prêts, la situation sera très, très problématique», a ajouté la Dre Grunfeld, qui n’était pas impliquée dans la préparation de ce rapport.

C’est ce message que la Société canadienne du cancer tente de transmettre en publiant ce rapport préparé en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada.

«On doit commencer à investir dès maintenant, a affirmé M. Nuttall. Notre organisme est impliqué dans le contrôle du cancer depuis plus de 75 ans. Nous voulons que l’on examine comment seront exécutés les programmes et les services (aux malades).»

Selon les estimations de l’organisme, il y aura 196 900 nouveaux cas de cancer au Canada en 2015, la moitié d’entre eux seront des cancers de la prostate, du sein, du poumon et colorectal.

La Société estime aussi que 78 000 Canadiens mourront d’un cancer au cours de l’année en cours.

Une pluralité des nouveaux cas — 28 pour cent — seront diagnostiqués chez des patients âgés de 60 à 69 ans. La plus grande proportion des décès reliés à la maladie — le tiers — se retrouvera chez les gens âgés de 80 ans et plus.

Les auteurs du rapport prédisent que d’ici 2030, le cancer à la prostate sera le plus commun au Canada. Le nombre de cas devrait augmenter de 97 pour cent au cours de cette période.

Le nombre de patient atteints du cancer du sein devrait augmenter de 55 pour cent au cours des 25 prochaines années, celui des cas de cancer colorectal grimpera de 79 pour cent. Quant au cas de cancer du poumon, il sera de 46 pour cent plus élevé qu’en 2005.