Des leaders fédéraux s’impliquent dans la campagne électorale en Ontario

TORONTO – Les chefs en campagne en Ontario semblent vouloir faire appel aux leaders des formations fédérales pour les aider en vue du scrutin du 12 juin.

La première ministre Kathleen Wynne a obtenu, jeudi, le concours de l’ancien premier ministre libéral fédéral Paul Martin pour l’aider à mousser sa proposition de régime de retraite provincial — l’une des pierres angulaires de sa campagne et un sujet de discorde majeur entre Mme Wynne et les conservateurs de Stephen Harper.

M. Martin a ajouté sa voix à celle de Mme Wynne en fustigeant les conservateurs fédéraux pour leur refus d’élargir le Régime de pensions du Canada.

Les progressistes-conservateurs en Ontario ont qualifié le projet de Kathleen Wynne «d’impôt sur le salaire», démontrant ainsi, selon Paul Martin, d’une «ignorance totale de ce que signifie l’investissement dans les régimes de retraite».

M. Martin, qui avait mené des réformes au Régime de pensions du Canada en tant que ministre des Finances dans les années 1990, a rétorqué qu’une telle critique constituait une tentative de flouer les électeurs ou dénotait une incompréhension de la situation. «Il s’agit d’un investissement dans l’avenir de tous», a-t-il fait valoir.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, s’est joint, jeudi, à Mme Wynne et à son candidat Adam Vaughan dans Trinity-Spadina, une circonscription que les libéraux provinciaux et fédéraux espèrent enlever aux néo-démocrates.

M. Trudeau a déclaré que les conservateurs de M. Harper avaient «cruellement manqué de leadership en ne s’occupant pas des craintes de la population par rapport à la retraite», alors que Kathleen Wynne avait le courage de s’attaquer seule à ce dossier.

«Mais je suis ici pour lui dire qu’elle ne restera pas seule longtemps parce qu’elle aura un partenaire à Ottawa après les prochaines élections», a-t-il soutenu devant la foule de partisans.

Les libéraux au pays ne sont pas les seuls à rallier les troupes en Ontario.

Plusieurs ministres fédéraux ont exprimer leur appui au chef du Parti progressiste-conservateur ontarien, Tim Hudak, incluant le ministre des Affaires étrangères, John Baird, le ministre d’État à la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, et le président du Conseil du Trésor, Tony Clement.

Le plus actif dans la campagne ontarienne est M. Baird, qui a présenté plus tôt cette semaine M. Hudak lors d’un événement à l’hôtel de ville de Toronto et a assisté à son discours à Ottawa la semaine dernière. MM. Baird et Clement avaient travaillé aux côtés de M. Hudak à l’Assemblée législative de l’Ontario au sein du précédent gouvernement progressiste-conservateur de la province.

M. Clement a aussi lancé des salves contre Mme Wynne, qualifiant la proposition de régime de retraite provincial d’«énorme ponction fiscale», et a ajouté qu’il souhaitait la voir perdre les élections et M. Hudak devenir premier ministre.

Il a également critiqué la chef libérale cette semaine dans le Toronto Sun pour s’en être prise à Ottawa sur le financement d’une route liée au développement du Cercle de feu dans le nord de l’Ontario, site d’un important gisement minier.

Pour sa part, la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Andrea Horwath, peut à tout le moins compter sur l’aide de bénévoles du NPD fédéral.