Des médicaments antipaludéens seraient efficaces contre le virus Ebola

MONTRÉAL – Une étude publiée dans le prestigieux New England Journal of Medicine par Médecins Sans Frontières et Epicentre témoigne d’une diminution du risque de mortalité chez les patients Ebola ayant reçu une combinaison de médicaments contre le paludisme.

L’étude révèle que le risque de mortalité des patients Ebola ayant reçu une combinaison d’artésunate et d’amodiaquine (ASAQ) au cours de leur traitement était inférieur de 31 pour cent par rapport à ceux qui n’avaient reçu que l’artemether-lumefantrine (AL), traitement antipaludéen de première ligne.

L’administration systématique d’antipaludéens fait partie du protocole de prise en charge, par MSF, des cas d’Ebola. Pendant le pic de l’épidémie, en août 2014, le centre Ebola de Foya, au Libéria, était en rupture de stock d’AL. Pendant deux semaines, les patients ont alors reçu de l’ASAQ en substitution de l’AL; cela a été le seul changement dans la prise en charge clinique des malades. Des analyses approfondies des données ont permis d’exclure d’autres raisons ayant pu avoir un impact sur la mortalité comme l’âge des patients ou leur charge virale au moment de l’admission.

L’ASAQ contient de l’amodiaquine, un composant dont l’activité contre le virus Ebola a été récemment observée au cours de tests in vitro. Ces tests sont actuellement effectués sur des médicaments aujourd’hui utilisés pour traiter des maladies autres qu’Ebola, comme le paludisme, afin d’en vérifier l’efficacité contre Ebola.

Bien qu’aucun des essais cliniques de ces traitements n’ait encore abouti à des preuves concluantes, cette étude rétrospective apporte des éléments prometteurs et devrait inciter à davantage de recherche sur l’ASAQ, estime MSF.

Plus de 28 000 cas d’Ebola et 11 000 décès ont été rapportés en Afrique de l’Ouest depuis le début de l’épidémie.

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