Des négos sur un accord commercial de 12 pays, dont le Canada, reprennent vie

WASHINGTON, – Les négociations en dents de scie pour le plus grand accord commercial de l’histoire sont sur le point de devenir plus sérieuses, ont affirmé, mardi, des diplomates étrangers réunis à Washington.

Ces diplomates réagissaient à un vote au Sénat américain qui augmente les chances de réussite du Partenariat transpacifique (PTP), un pacte entre 12 pays incluant le Canada, les États-Unis, le Mexique et le Japon.

Un projet de loi pour accorder au président américain Barack Obama des pouvoirs dits de négociations accélérées a obtenu le seuil de 60 pour cent pour contrer une manoeuvre d’obstruction au Sénat, ouvrant la voie à son adoption par une majorité simple dès mercredi.

En pratique, le vote signifie que d’autres pays peuvent désormais préparer des offres sérieuses dans les dernières étapes de négociations pour une entente couvrant 40 pour cent de l’économie mondiale.

Lors d’une rencontre du groupe de réflexion Conseil atlantique, l’ambassadeur du Pérou, Luis Miguel Castilla, a déclaré que ce projet de loi était «essentiel pour que le pays aille de l’avant». Le Chilien Juan Gabriel Valdes a affirmé qu’il aurait été pratiquement impossible de conclure une entente sans la procédure de négociations accélérées.

Cela semble aussi être la position canadienne — bien qu’il n’y ait eu aucun représentant du Canada prenant la parole à l’événement et qu’un communiqué du gouvernement, publié mardi, en dise peu. Ottawa a signalé par le passé vouloir certaines garanties de l’adoption éventuelle d’une entente finale au Congrès américain avant de négocier les secteurs les plus délicats, notamment des questions reliées à l’agriculture.

Les négociateurs américains veulent forcer l’ouverture du système laitier canadien dont le contrôle serré protège le commerce intérieur, mais résulte en des prix plus élevés en épicerie et des réductions de l’offre étrangère.

D’autres pays ont d’autres craintes.

Pour le Pérou et le Chili, les ambassadeurs ont mentionné les prix des médicaments comme source d’inquiétude principale. L’un des enjeux délicats a été la pression exercée par le secteur pharmaceutique pour une protection plus large des brevets.

Les négociateurs ont repoussé certaines négociations difficiles.

«Vous procédez avec les parties plus faciles d’abord, a expliqué Ashok Kumar Mirpuri, de Singapour. Vous laissez les parties difficiles pour ces échanges finaux — et c’est là que cette (procédure accélérée) devient très importante.»