Des parcomètres pour récolter des dons pour l’itinérance à Fredericton

FREDERICTON – Jambes croisées, Chris Moore est assis sur un morceau de carton, sur un trottoir froid et mouillé du centre-ville de Fredericton, espérant entendre le son des pièces de monnaies qui s’entrechoquent en tombant dans son verre de café vide.

Depuis un an, le sans-abri de 28 ans quête pour se nourrir et acheter ce qu’il ne peut trouver à la soupe populaire ou au refuge pour hommes.

C’est embarrassant, il ne voudrait pas avoir à faire ça. Mais c’est mieux que de voler, dit-il.

L’image de ces itinérants tendant la main n’est pas celle que souhaite la communauté d’affaires du centre-ville. C’est ainsi que Bruce McCormack, le président d’une association de commerçants du centre-ville, a proposé à la Ville d’utiliser des «parcomètres de gentillesse».

Six parcomètres usagés ont été peints en verts et installés sur les trottoirs de quelques rues du quartier.

L’argent récolté est partagé également entre l’association des refuges pour sans-abri de Frederiction et la cuisine communautaire de la ville.

«Nous avons senti le besoin d’exposer l’histoire de la mendicité, comment elle touche nos affaires au centre-ville et nos clients», a expliqué M. McCormack.

La communauté d’affaires était particulièrement inquiète de certains itinérants agressifs.

Chris Moore ne demande jamais d’argent. Il regarde les gens, sourit et dit «merci» à ceux qui déposent des pièces et des billets dans son verre.

Il voudrait bien travailler, mais sans formation ni expérience, il a du mal à trouver un emploi.

«C’est ça, mon problème. Je n’ai jamais vraiment travaillé, à part dans des casse-croûtes, avant de tomber dans la drogue. J’ai consommé durant 10 ans, et cela a pas mal ruiné ma vie entière», a-t-il dit. Il suit maintenant un programme de méthadone et affirme bien se porter.

Selon M. McCormack, les gens sont généreux et veulent aider les mendiants, mais beaucoup sont inquiets que l’argent ne soit pas dépensé pour manger ou trouver un lit.

«(Les parcomètres) sont donc une solution à cela, pour que les gens sachent exactement où va l’argent.»

Depuis leur installation en août, plus de 2200 $ a été distribué à chacun des organismes, et, d’après Bruce McCormack, il y a moins d’itinérants agressifs au centre-ville.

Warren Maddox, le président des refuges de l’association Fredericton Homeless Shelters, la croyance que les itinérants utilisent l’argent récolté sur la rue pour s’acheter de la drogue ou de l’alcool est fausse.

«En grande majorité, il va servir à garder un toit au-dessus de leur tête et à payer de la nourriture et les nécessités de la vie, a-t-il expliqué. Quand on y pense, le chèque moyen d’aide social est d’environ 550 $ par mois. Pouvez-vous vivre avec 550 $ par mois?»

Ainsi, les gens devraient donner tant aux parcomètres qu’aux mendiants directement.

L’argent récolté grâce aux parcomètres n’est pas que «de la petite monnaie», a-t-il dit. «Ce sont de bons montants d’argent qui nous aident à rester ouverts et aident la cuisine à fournir trois repas par jour. Ça aide. Chaque petit don aide.»

Cependant, seule une fraction des itinérants de la ville utilisent les services des refuges pour sans-abri. Ils ont donc besoin d’aide d’ailleurs.

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