Des photos des survivants des pensionnats autochtones dans «The New Yorker»

REGINA – La photojournaliste de renommée internationale Daniella Zalcman s’est alliée au magazine américain «The New Yorker» pour y présenter son projet sur les survivants des pensionnats autochtones du Canada.

Mme Zalcman, qui habite Londres et New York, a indiqué qu’elle n’avait jamais entendu parler de ces établissements avant qu’elle ne se rende au Canada, l’été dernier. Elle se penchait à ce moment sur le taux de transmission du VIH dans des pays colonisés.

Elle a rencontré 45 membres de Premières Nations de la Saskatchewan pendant l’été et elle a remarqué que tous les Autochtones séropositifs rencontrés avaient vécu dans les pensionnats autochtones ou étaient l’enfant d’au moins un survivant.

Cette découverte est finalement devenue son sujet principal de recherche, a-t-elle relaté.

L’objectif de Mme Zalcman est de sensibiliser les gens à la réalité des pensionnats autochtones et à ses répercussions. La photojournaliste, qui dit avoir déjà oeuvré sur des projets très sombres, affirme que celui-ci est, de loin, le pire.

La commission de vérité et réconciliation du Canada estime que 150 000 enfants autochtones avaient été retirés de leur domicile familial pour être placés dans ces établissements. Environ un enfant sur 25 — 6000 garçons et filles — sont morts dans les pensionnats et plusieurs autres ont subi des sévices physiques et sexuels dans le cadre de ce que la commission a qualifié de «génocide culturel».

Le rapport de la commission, qui rassemble les témoignages de milliers de survivants, décrit en détail le sort de plusieurs jeunes, qui ont été forcés de se séparer de leur famille pour affronter la solitude, la cruauté et les abus physiques et mentaux.

«Je dirais que 80 pour cent (des Autochtones rencontrés) ont tous été d’une certaine façon agressés sexuellement. Plusieurs d’entre eux me racontaient des histoires qu’ils n’avaient jamais racontées à personne d’autre», a confié Mme Zalcman.

Elle a ajouté que de nombreux survivants de ces pensionnats étaient maintenant aux prises avec des problèmes de consommation d’alcool ou de drogues.

Elle a expliqué que la destruction de leur identité culturelle et de leur estime de soi avait mené à des «comportements à risque» chez plusieurs personnes qui ont été plus enclines à utiliser des drogues injectables ou à adopter des pratiques sexuelles risquées — des causes directement liées à la transmission du VIH.

Le travail de la photographe a été financé par une bourse du centre Pulitzer sur les reportages de crise.

Les clichés sont publiés sur le compte Instagram du «New Yorker», ainsi que sur le site Internet personnel de Mme Zalcman.

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